Eurofins Biomnis mise sur la biologie préventive et personnalisée

La vie du réseau

Système de tri automatisé des échantillons du site d’Ivry-sur-Seine d’Eurofins Biomnis. ©DR

Après Unilabs, Cerba et Biogroup, c’est aujourd’hui Eurofins Biomnis qui ouvre ses portes pour faire découvrir ses deux sites d’Ivry-sur-Seine et de Lyon qui traitent 39 000 analyses par jour, provenant de ses correspondants français et internationaux.

« Nous représentons la division « clinical diagnostic » d’Eurofins en Europe, avec 8000 laboratoires correspondants dans 45 pays » introduit François Cornu, président d’Eurofins Biomnis, lors de la visite du site d’Ivry-sur-Seine le 10 mai 2022. Ce site, qui réceptionne la quasi-totalité des échantillons destinés aux deux plateaux techniques du groupe, réalise plus de 18 000 tests par jour en haut débit, avec un délai de rendu court. Les analyses hyper-spécialisées nécessitant une expertise de pointe telle que la génétique ou l’oncologie sont quant à elles redirigées sur le site de Lyon. En raison de l’importance des volumes traités, le plateau d’Ivry-sur-Seine est organisé suivant le principe du lean management, afin de fluidifier le parcours des échantillons. Malgré cette automatisation, « la lecture des résultats reste manuelle, d’abord par les techniciens, ensuite par les biologistes » précise Benoit Lafaquière, business unit manager, en prenant l’exemple de l’ilot électrophorèse qui réalise des analyses d’hémoglobine et de protéines sériques : « le biologiste peut décider de faire une investigation complémentaire si besoin, en lien avec le prescripteur, comme dans le cas de la détection d’un cancer de la moelle osseuse » ajoute-t-il. Le site d’Ivry-sur-Seine possède également une plateforme dédiée au dépistage du Covid-19, « capable de monter en puissance très rapidement en cas de nouvelle vague épidémique » rappelle François Cornu.

Des tests diagnostiques, théranostiques et préventifs

Les activités d’Eurofins Biomnis se déclinent en sept pôles d’expertise, du prénatal, qui est le plus important en volume, au dernier en date, la biologie préventive. Les autres pôles sont l’infectiologie, l’oncologie, les pathologies constitutionnelles, la pharmaco-toxicologie et l’auto-immunité. Si la majeure partie des tests reste à visée diagnostique, le groupe réalise également des tests théranostiques et préventifs. Les premiers, utilisés en particulier en oncogénétique, permettent d’établir une « carte d’identité de la tumeur » afin d’orienter le traitement pour un suivi personnalisé. Les seconds se placent en amont de la pathologie non seulement pour le dépistage du cancer colorectal ou du cancer du col de l’utérus, mais aussi pour établir des bilans destinés à évaluer les profils métaboliques, hormonaux, micronutritionels ou digestifs des individus, par exemple via une cartographie du microbiote intestinal. « A mon sens, l’un des principaux enjeux du secteur est d’accompagner le développement de la médecine de précision. De nos jours cette dernière ne se contente plus de soigner l’affection, elle se doit de prédire et de prévenir » affirme François Cornu. C’est l’objet de la médecine 4P : prédictive, préventive, participative et personnalisée.

Le dépistage embolisé par la crise sanitaire

La crise sanitaire que nous traversons depuis 2020 impacte de nombreux domaines, dont le dépistage. « Nous observons la recrudescence de certaines pathologies telles que les IST (infections sexuellement transmissibles) car le dépistage a été embolisé par la crise » partage François Cornu. De même certaines maladies infantiles telles que la rougeole reviennent du fait de la diminution de la vaccination pendant la pandémie. L’exemple du dépistage du cancer du col de l’utérus est parlant. Depuis juillet 2019, la HAS (haute autorité de santé) recommande le test HPV (papillomavirus humains) en première intention chez les femmes de plus de 30 ans. Le test HPV a été inscrit à la nomenclature le 25 mars 2020 et l’arrêté publié le 30 juillet 2020, en pleine crise Covid. « Après 30 ans, environ 10% des tests HPV sont positifs. Ce test a une très bonne VPN (valeur prédictive négative), ce qui permet une plus grande sélection des échantillons concernés par une analyse cytologique, ce qui minimise le risque d’erreurs » présente Anne Ebel, biologiste médicale chez Eurofins Biomnis. Selon les chiffres rappelés par Santé Publique France à l’occasion de la Semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus en janvier dernier, 41% des femmesde 25 à 65 ans n’ont pas été dépistées sur la période 2018-2020. La HAS soulignait dans sa stratégie de dépistage actualisée de 2019 l’intérêt d’un auto-prélèvement vaginal pour les femmes éloignées du système de soin. Depuis juin 2021, le groupe propose un test HPV en auto-prélèvement vaginal à destination des femmes qui échappent au dépistage. « Le test HPV est aussi fiable sur un auto-prélèvement que sur un prélèvement classique, la seule différence est la nécessité de recontacter les femmes en cas de besoin d’une analyse cytologique complémentaire, car ces prélèvements ne s’y prêtent pas » précise Anne Ebel. « Nous espérons que ce sera une réponse adaptée pour le dépistage du cancer du col de l’utérus. Il faut aller toujours au plus proche du patient » conclut François Cornu.

N.B-S.