L'exercice de la biologie médicale vu d'ailleurs

Point de vue

De gauche à droite Henry Paridaens, Jean-Luc Dourson, Fabrice Stehlin, Smail Belazzoug

Paroles de biologistes médecins, pharmaciens ou scientifiques venus de Belgique, du Luxembourg, d'Algérie et de Suisse, à l’occasion du Congrès Biomed-J en mars 2019.

« En Belgique, les études se répartissent en 6 ans de médecine ou 5 ans de pharmacie et puis 5 ans de spécialité. Un arrêté royal a fait débat dans notre communauté, il imposait 0,8 équivalent temps plein (ETP) de médecin pour faire tourner un laboratoire clinique. Parmi les arguments en faveur de cet arrêté, on estime que cette loi permet de protéger l’accès à la profession. L’aspect négatif, c'est que 0,8 ETP de pharmacien ne soit pas également inclus. Le but est pourtant de favoriser les équipes mixtes, car nous avons remarqué que certains laboratoires tournent exclusivement avec des médecins ou des pharmaciens. Autre particularité belge : seuls les médecins sont habilités à effectuer des prélèvements médullaires. Sinon, il n’existe pas de différence notable, et les chefs de laboratoires peuvent être pharmaciens ou médecins. En Belgique, beaucoup de prélèvements sont effectués dans les cabinets des médecins. Les règles de remboursement (la répartition entre tarification à l’acte ou forfaitaire) diffèrent selon que les patients sont ambulatoires ou hospitalisés. Avec l’importante réforme des soins de santé en cours, une enveloppe budgétaire devra se partager entre les différents spécialistes… dont la biologie clinique. » Henry Paridaens, président de l’Association des assistants en biologie clinique

« Nous avons pour vocation d’être de réels acteurs participatifs dans le parcours de santé du patient ! La vraie révolution de notre profession va être de repositionner le biologiste comme un spécialiste à part entière du monde médical : nous y travaillons beaucoup ! La formation est désormais uniquement médicale ou pharmacienne, elle est suivie d’une spécialité en biologie. Historiquement, existaient aussi quelques scientifiques. Notre marché luxembourgeois est proche de ce qui se passe dans le reste de l’Europe. La population âgée croît, les maladies chroniques sont plus fréquentes, la notion de prévention prend de l’ampleur.
Notre marché connaît un rythme soutenu, en raison notamment des nouveaux agents pathogènes, des évolutions technologiques. L’accréditation obligatoire dans le privé et le public est arrivée depuis un an. Auparavant, c’était une démarche volontaire. L’objectif est de 90 % d’accréditation en 2023 avec des paliers successifs. Nombre d’acteurs avaient anticipé l’arrivée de cette accréditation obligatoire et entamé les démarches. La biologie au Luxembourg est caractérisée par une ouverture vers une biologie différente, basée sur une analyse du style de vie, tenant compte du bien-être général du patient avec des tests comme le stress oxydant ou l'évaluation du statut nutritionnel. L’exploitation des données et l’intelligence artificielle sont capitales dans l’évolution de notre secteur d’activité.
Par ailleurs, il ne faut pas craindre de dire lorsque des examens sont inutiles ! Nous disposons d’un dossier de soins partagés (DSP), où est stocké l’ensemble des données médicales d’un patient. » Jean-Luc Dourson, directeur de Bionext Lab
 

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