Diagnostiquer le cancer du poumon dans l’haleine

Biomarqueurs

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© Jmarchn

Diagnostiquer le cancer du poumon de manière simple et non invasive, en utilisant un biomarqueur présent dans l’haleine, c’est ce que laisse suggérer les résultats d’une étude américaine, récemment publiée dans Cancer Medicine.

« Ces dernières années, l'analyse de l’haleine pour le diagnostic non invasif de maladies a suscité un intérêt croissant des chercheurs partout dans le monde », expliquent les auteurs. Dans un premier temps, les chercheurs ont utilisé la spectrométrie de masse par transformation de Fournier pour détecter les composés volatiles carbonylés. La cohorte comprenait 97 patients atteints d'un cancer du poumon, 32 patients présentant des nodules pulmonaires bénins et 88 témoins (fumeurs et non-fumeurs).

Les concentrations de quatre composés volatils (butanone, 2 hydroxy-acétaldéhyde, 3 hydroxy-2-butanone et hydroxyhexenal 4 [4-HHE]) dans le souffle expiré étaient significativement plus importantes chez les patients atteints d'un cancer du poumon que chez les témoins et les patients avec des nodules pulmonaires bénins. Par ailleurs, chez les 88 patients présentant un cancer non à petites cellules, la concentration en butanone expirée était significativement plus élevée chez les 51 patients présentant des stades II à IV que chez les 34 patients présentant un stade I. Le profil de composés volatiles carbonylés de l’air expiré permet donc de détecter de manière non invasive le cancer de poumon. « Ces découvertes ont une application immédiate dans le diagnostic de cette pathologie, soutiennent les auteurs. Notre approche requiert seulement que le patient remplisse d’air exhalé un sac Tedlar d’un litre. L’échantillon peut alors être analysé hors site par spectrométrie de masse. »

Source : Fu XA et al. Noninvasive detection of lung cancer using exhaled breath. Cancer Medicine. 2013.

Katia Delaval