Hausse de dépenses de santé : « le vieillissement n’est qu’un facteur mineur »

Economie de la santé

Biologiste infos
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Créé en décembre 2009 à l’initiative de la MGEN, l’Institut Montparnasse a pour mission de contribuer au débat public sur la Sécurité sociale. A la suite de diverses initiatives (séminaires, débats thématiques) et de travaux suivis (veille internationale), l’Institut a débuté la présentation publique des études conduites par des chaires et laboratoires universitaires à l’occasion d’un colloque organisé le 18 novembre 2011. Ce fut notamment l’occasion pour Brigitte Dormont, qui dirige la chaire santé de l’Université Paris-Dauphine, de présenter son étude Dépenses de santé : les déterminants, les perspectives. « Contrairement à une opinion répandue, le vieillissement ne joue qu’un rôle mineur dans la croissance des dépenses de santé. Certes, chaque individu voit ses dépenses de santé augmenter lorsqu’il vieillit. Mais les changements les plus importants sont dus au fait que les dépenses individuelles de santé augmentent dans le temps, à âge et à maladie donnés. En 2009 par exemple, un homme de 50 ans affecté d’un diabète dépense beaucoup plus pour sa santé que le même cinquantenaire diabétique ne dépensait en 2000. Ce mouvement est sans rapport avec le vieillissement de la population. Il résulte principalement de la dynamique du progrès médical : de nouveaux produits et de nouvelles procédures apparaissent continuellement, qui induisent des changements dans les pratiques médicales », a-t-elle développé.
Une étude réalisée sur des données françaises a montré que ces changements de pratiques influencent massivement la croissance des dépenses de santé : leur impact est presque vingt fois plus élevé que celui du vieillissement. Entre 1992 et 2000, on observe ainsi une augmentation de 54 % des dépenses de santé qui se partage de la façon suivante : + 58 % sont dus aux changements de pratiques (à âge et état de santé donnés) et une diminution de 10 % est due à l’amélioration de la santé. Les changements démographiques jouent à la hausse : + 3 % sont attribuables à l’augmentation de la taille de la population et + 3 % au vieillissement proprement dit, c’est à dire à l’augmentation de la proportion de personnes âgées.
 
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