Rôle des LBM, du Covid à l'après-Covid

Covid-19

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Un peu plus d’un an après l’arrivée de la Covid-19, l’APBM revient sur le rôle des laboratoires privés face à cette crise sans précédent, et de façon plus large sur leurs missions et leur place dans le parcours de soin. 

Adaptation, prévention, collaboration, innovation, proximité avec le patient sont quelques-uns des principaux mots clés qui rythment le quotidien des laboratoires de biologie médicale depuis toujours, mais qui se sont fortement intensifiés depuis le début de la pandémie. Confrontés à la demande du gouvernement de réaliser 700 000 tests par semaine fin avril 2020, les laboratoires ont fait face aux difficultés d’approvisionnement, de manque de personnel, d’organisation, jusqu’à atteindre un pic de 4 millions de tests réalisés en deux jours juste avant Noël. Aujourd’hui, le criblage et le séquençage des variants, ainsi que la mise en place des tests salivaires dans les écoles posent de nouveaux défis. L’APBM (Association pour le Progrès de la Biologie Médicale), qui fédère 85% des laboratoires privés sur le territoire français revient sur le rôle majeur de ces derniers dans la stratégie tester, alerter, protéger du gouvernement depuis le début de la pandémie, avec les témoignages des principaux acteurs. « 62 millions de tests PCR ont été réalisés depuis mars 2020, dont les trois quarts par les laboratoires privés » affirme Alain Le Meur, Médecin biologiste et président de l'APBM, avant de rappeler que « les laboratoires privés de biologie médicale en France représentent 40 000 collaborateurs, 5600 médecins et pharmaciens biologistes répartis sur 3200 sites sur l’ensemble du territoire, et plus de 4 milliards d’euros d’activité ». 

Relever le défi

« En mars 2020, nous ne connaissions pas la virulence du virus, nous n’avions pas de masques, pas de réactifs, pas d’effectifs suffisants… Nous sommes partis de zéro avec un objectif de 700 000 tests par semaine fixé par le gouvernement. Cela nous a paru mission impossible, et toute la profession s’est mobilisée » se souvient Dominique Lunte, présidente du réseau Les Biologistes Indépendants (LBI). « Il a fallu réorganiser nos laboratoires. Nous avons recruté, formé les équipes, travaillé en partenariat étroit avec tous les acteurs impliqués dans la pandémie » relate Georges Ruiz, Président du Groupe Inovie. « Nous avons recruté plus de 50% de personnel complémentaire » précise Stéphane Eimer, président de Biogroup. « La démarche qualité, les innovations digitales, l’amélioration continue tout en étant à l’écoute des besoins du patient sont autant d’outils qui nous ont permis de s’adapter à la crise tout en maintenant les tests de diagnostic de routine » résument les laboratoires Synlab dans une vidéo de présentation.

Passer du diagnostic à la prévention

Au-delà de la pandémie, cette rencontre a été l’occasion de revenir sur le rôle des biologistes médicaux privés dans le parcours de soin et notamment sur l’importance de la prévention et des innovations. « La France est un pays dans lequel la santé est principalement orientée vers le diagnostic et le soin » constate François Cornu, Président d’Eurofins Biomnis. « La prévention a du mal à trouver sa place alors qu’elle préserve les ressources du système de soin » regrette-t-il. « De plus en plus de tests de dépistage innovants sont développés, qu’ils soient simples tels que l’auto-prélèvement ou le dépistage du cancer colorectal, ou plus complexe tel que le DPNI. Dans tous les cas, le biologiste a un rôle de facilitateur » décrit Catherine Courboillet, présidente de Cerba HealthCare. « Les innovations technologiques et techniques permettent d’améliorer la prise en charge des patients pour aller vers une médecine personnalisée » projettent les laboratoires Unilabs.
En conclusion, « nous sommes en train de passer d’une biologie de diagnostic à une biologie de prévention analyse Alain Le Meur. Demain verra l’avènement d’une biologie personnalisée, voir prédictive, qui accompagnera le patient tout au long de sa vie ».

NBS