Mobilisation contre les violences sexuelles

Milieu hospitalier et études de médecine

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Chiffres et témoignages sont accablants et alarmants. L’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) a mené une enquête en mars et avril 2020 sur les violences sexistes et sexuelles subies par les étudiants en médecine en milieu hospitalier (4200 réponses) et au cours de la vie universitaire (4400 réponses). Elles sont fréquentes et banalisées.

Quatre étudiants sur dix ont subi des agissements sexistes en milieu hospitalier. Près de 30% du harcèlement sexuel de la part, le plus souvent, d’un supérieur hiérarchique, et 5% des gestes déplacés. Moins d’un sur cinq signale ces comportements à une tierce personne. Dans le cadre de la vie étudiante les chiffres sont à peine inférieurs : 39% ont déjà reçu des remarques sexistes, 15% ont subi des agressions sexuelles le plus souvent lors d’événements festifs. « L’omerta a assez duré, brisons-la ensemble » s’insurge l’Anemf qui formule donc une vingtaine de propositions pour que ces comportements inacceptables cessent. « Le travail sera très long et les mentalités ne changeront pas du jour au lendemain. Pourtant, ce changement est nécessaire, et ce, rapidement » reconnait l’association.
Afin de sensibiliser les étudiants en médecine aux violences sexuelles et sexistes, des campagnes de communication sont prévues sur les réseaux sociaux, insistant sur le processus de signalement, ainsi qu’un affichage et des réunions de sensibilisation dans les facultés de médecine. Des enseignements dédiés en interdisciplinarité pourraient être intégrés dans le cursus et des formations proposées à tous les intervenants et encadrants. L’Anemf s’engage également à créer un Guide sur les Violences Sexistes et Sexuelles, à diffuser auprès des étudiants et demande la nomination d’une personne ressource parmi le personnel administratif de la faculté et d’une parmi les élus étudiants pour accompagner les victimes.

J.S.