Sur la piste d’un revêtement anti-Covid-19

Covid-19

PhilippeLavalle-Inserm

Spécialiste des biopolymères antibactériens, Philippe Lavalle, directeur de recherche à l’Inserm, a récemment réorienté ses recherches vers les propriétés antivirales de tels matériaux et des applications destinées aux professionnels de santé, en réponse aux crises sanitaires, actuelle et futures.

Depuis quatre ans, l’équipe de Philippe Lavalle, de l’unité Biomatériaux et bioingénierie de l’Inserm (U1121), à Strasbourg, s’attèle à développer des polymères auto-assemblables aux propriétés antibactériennes. Le chercheur s’est rendu compte que certaines de ces molécules pouvaient aussi avoir des propriétés antivirales. Ces derniers mois, en partenariat avec la société Spartha, il a donc réorienté ses recherches vers des polymères capables d’éviter le passage dans les cellules du SARS-CoV-2 et de bloquer sa réplication.
Déposées sur une surface, les biopolymères étudiés vont spontanément se lier entre eux pour former une couche protectrice d’un micromètre d’épaisseur et empêcher la prolifération des bactéries, voire les détruire. La première utilisation visée est d’en recouvrir la surface de dispositifs médicaux implantables.
Mais celles-ci pourraient aussi être utilisées pour revêtir des dispositifs comme des cathéters, des canules ou des masques. Et « pourquoi pas les muqueuses nasales et buccales des professionnels de santé », avance le chercheur. Dans un premier temps, les équipes vont tester les capacités d’un grand nombre de molécules à inhiber le virus pour sélectionner les plus efficaces. Ils vont ensuite vérifier leur innocuité pour les cellules humaines elles-mêmes. Les chercheurs feront également appel à des compétences en intelligence artificielle pour trouver des biopolymères capables de lutter contre d’autres virus qui pourraient émerger dans les années à venir.
Pour en savoir plus

V. D.