Un dépistage systématique non pertinent

Covid-19 : tests sérologiques

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La HAS publie une première série d’indications pour lesquelles les tests sérologiques peuvent contribuer à lutter contre l’épidémie de COVID-19 dans un avis publié samedi 2 mai.

Face au manque de connaissances sur l’immunité développée par les personnes ayant eu le COVID-19, la HAS préconise de« rester prudent dans l’utilisation des tests sérologiques et les recommande pour les enquêtes épidémiologiques, les diagnostics de rattrapage et la prévention de la circulation du virus dans les structures d’hébergement collectif » indique-t-elleen préambule. Cet avis portant sur les tests ELISAautomatisables et faits en laboratoire de biologie médicale, et dont la note de cadrage a été publiée le 28 avril, constitue le deuxième volet de la définition de la place des tests sérologiques dans la prise en charge de la maladie COVID-19 suite à la saisine ministérielle du 11 avril 2020. Le troisième volet portera sur la question du recours aux autotests sérologiques.

Les indications préconisées par la HAS pour les tests sérologiques dans cet avis sont les suivantes : la surveillance épidémiologique, et une utilisation en complément des tests RT-PCR. Sur cette seconde indication, la HAS rappelle que « les tests virologiques sont les tests de référence pour le diagnostic précoce d’infection au COVID-19 ». Il est possible de recourir aux tests sérologiques en complément, à partir du 7ème jour ou 14ème après l’apparition des symptômes, « notamment pour servir de « rattrapage » si un test virologique n’a pas pu être réalisé avant, ou pour poser le diagnostic chez des patients présentant des signes évocateurs de COVID-19, mais dont le test virologique est négatif ». L’une des principales limites de ces test est l’impact de la prévalence de la maladie sur la fiabilité c’est pourquoi, le « recours à un dépistage systématique de toute la population est pour l’instant non pertinent ».

Sept indications, sur prescription médicale, ont été définies par la HAS pour l’utilisation des tests sérologiques :

  • En diagnostic initial pour les patients symptomatiques graves hospitalisés ou symptomatiques sans signes de gravité suivis en ambulatoire, dont la RT-PCR est négative mais chez qui les symptômes cliniques ou le scanner sont évocateurs d’un COVID-19.
  • En diagnostic de rattrapage pour les patients symptomatiques graves hospitalisés ou symptomatiques sans signes de gravité suivis en ambulatoire mais qui n’ont pas eu de test RT-PCR dans les sept premiers jours. 
  • En diagnostic différé pour les patients symptomatiques sans signes de gravité diagnostiqués cliniquement mais n’ayant pas fait l’objet d’une RT-PCR et ce depuis la mise en place de la phase 2 (à partir du 2 mars 2020). 
  • En détection d’anticorps chez les professionnels soignants ou chez les personnels d’hébergement collectif (établissements sociaux et médico sociaux, prisons, casernes, résidences universitaires, internats, …) non symptomatiques, en complément du dépistage et de la détection de personne-contact par RT-PCR selon les recommandations en vigueur, si la RT-PCR est négative. 
« Mal utilisés, les tests pourraient induire en erreur les patients sur leur immunité » alerte la HAS. En conséquence, il n’est à ce jour pas recommandé « de recourir aux tests sérologiques chez certaines populations comme les professionnels qui ont continué d’être en contact avec le public ou chez les professionnels qui ont été confinés et vont reprendre une activité en présentiel » Ces indications sont susceptibles d’évoluer rapidement en fonction des avancées des données scientifiques et épidémiologiques, notamment « s’il s’avérait qu’avoir rencontré le virus et développé certains anticorps conférait une immunité face au virus » précise la HAS. 

NBS