Grève des LBM les 22, 23 et 24 octobre

Profession

©nickylarson974-istock

Les représentants des syndicats de biologistes libéraux associés à l’APBM appellent à la fermeture totale des laboratoires les 22, 23 et 24 octobre suite à l’absence d’accord trouvé avec la CNAM lors de la réunion du 17 octobre 2019.

Les quatre syndicats de biologistes (SDB, SNMB, SLBC, SJBM) et les groupes de laboratoires de biologie médicale membres de l’APBM, soutenus par la fédération nationale des syndicats des internes en pharmacie et biologie médicale (FNSIP-BM), appellent à « une fermeture totale (toute la journée) des laboratoires de proximité, les 22, 23 et 24 octobre prochains, en l’absence « d’avancées significatives » lors de la réunion du 17 octobre avec la CNAM malgré « le succès de la grève partielle du 23 septembre au 1er octobre (95% de laboratoires de biologie médicale fermés sur le territoire et plus de 300 000 signatures de la pétition) ». « Les cas urgents habituellement traités dans ces laboratoires seront transférés vers l’hôpital public le plus proche » précisent les syndicats.

Des propositions jugées insuffisantes

Dans le cadre des négociations en cours, l’Assurance maladie a proposé la reconduction d’une progression de + 0.25% par an des dépenses de biologie sur les actes courants, « tout en portant la progression des dépenses à + 0,5 % par an au lieu de + 0,25 % pour les deux dernières années (2021 et 2022) du protocole », et a accepté « de donner une suite favorable à des demandes des syndicats biologistes sur des questions liées à l’impact des crises sanitaires ou de la répartition des impacts financiers liés au niveau d’atteinte des objectifs de maîtrise médicalisée ». Cette demande a été formulée à la suite de la demande forte d’examens de THS au sein des laboratoires consécutive à l’affaire Levothyrox. Une enveloppe distincte pour certains actes innovants, hospitaliers ou inscrits sur la liste complémentaire a également été obtenue. Ces propositions ont été jugées insuffisantes par les syndicats. « Dans les conditions actuelles, avec une croissance annuelle des examens attendue à 3,6%, l’augmentation des dépenses de santé des années à venir serait prise en charge à 90% par les biologistes médicaux et 10% par l’Assurance maladie, ce qui n’est pas acceptable » s’indigne Lionel Barrand, président du SJBM. « Nous sommes aujourd’hui au bord de la rupture économique » dénoncent les représentants de la profession.

Le Gouvernement sollicité

« Ce mécontentement exprimé par une profession unie (syndicats hospitaliers et libéraux, internes, groupes et réseaux de laboratoires) doit être entendu par le Gouvernement et en particulier le Cabinet du Premier ministre que nous sollicitons pour construire des solutions d’avenir sur le malaise de notre profession et la problématique de l’accès aux soins » affirment les représentants de la profession. Une lettre ouverte au Premier ministre Édouard Philippe, à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, au ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a été publiée dans le Monde de jeudi 16 octobre, par les quatre syndicats de biologistes (SDB, SNMB, SLBC, SJBM), le FNISP-BM et l’APBM afin d’interpeller le Gouvernement sur les conséquences des économies prévues sur le secteur en 2020 « qui entraîneraient la disparition de nombreux laboratoires de biologie médicale implantés dans des zones sous-dotées en personnel de santé ».

Réquisitions de laboratoires par les ARS

Certaines ARS (Agence Régionale de Santé), dans le grand-Est et en Bourgogne-Franche-Comté ont demandé une réquisition préfectorale d’une partie des laboratoires de leur territoire, avec ouverture normale sur l’ensemble des matinées. Ces réquisitions ont été attaquées en référé liberté, des audiences ont lieu aujourd’hui. "En Alsace, toutes les réquisitions ont été cassées par le tribunal administratif de Strasbourg" informe Lionel Barrand. 

Prochaine réunion le 6 novembre

L’Assurance maladie affirme avoir « pris acte de la position des syndicats de biologistes qui ont jugé ces propositions comme insuffisantes » et a indiqué « être prête à présenter de nouvelles propositions lors d’une prochaine réunion programmée le 6 novembre 2019 ». Dans ce contexte, elle indique trouver « incompréhensible que les syndicats appellent à une fermeture des laboratoires la semaine prochaine, pendant 3 jours consécutifs » dans un communiqué daté du 18 octobre 2019. « C’est la réunion de la dernière chance. Nous souhaitons trouver un accord, mais en l’absence de terrain d’entente, nous ne signerons pas, ce qui serait dommage pour les deux parties » indique Lionel Barrand. « En cas d’absence d’accord, nous prendrons les mesures suivantes : ne rentrer aucune donnée dans le DMP, et retirer tous les auditeurs du Cofrac » précise François Blanchecotte lors du congrès de la FNSIP-BM samedi 19 octobre.

NBS

Publicités