Des souches de tuberculose non détectées par les tests standards

Infections respiratoires bactériennes

Une grande partie des cas de tuberculose multirésistante aux antibiotiques apparus en Afrique du Sud ces dernières années ne sont pas détectés par les tests standard recommandés par l’OMS, selon une étude d’observation récente parue dans The Lancet Infectious Deseases.

Les souches de Mycobacterium tuberculosis isolées en Afrique du Sud portent une combinaison particulière de mutations les rendant résistantes aux deux antibiotiques principaux prescrits en première intention, la rifampicine et l’isoniazide. Cette résistance combinée n’est pas détectée par les tests standards recommandés par l’OMS selon l’équipe internationale codirigée par Philip Supply, chercheur CNRS auCentre d’infection et d’immunité de Lille (CNRS/Inserm/Institut Pasteur de Lille/Université de Lille).  

Cette découverte a été réalisée notamment grâce à un nouveau test de dépistage de multirésistance développé par Genoscreen, entreprise spécialisée en génomique, avec la collaboration de Philippe Supply. Ce test analyse un large panel de gènes cibles de la bactérie et permet d’identifier des résistances à plus d’une dizaine d’antibiotiques simultanément. L’algorithme de détection des mutations de résistance utilisé par ce nouveau test a récemment été validé sur 10 000 génomes dans une étude publiée dans The New England Journal of Medicine.

La non-détection de certaines souches de tuberculose en Afrique du Sud a pour conséquences des traitements de première intention inefficaces chez les patients. Les chercheurs ont également mis en évidence l’acquisition de résistances additionnelles à d’autres antibiotiques comme la bédaquiline, molécule la plus récente pour traiter les tuberculoses multirésistantes. Cela entraîne une augmentation de la contagion et de la mortalité due à la maladie.

NB