L’accréditation trop lourde et sans lien avec la qualité des soins selon 1250 biologistes libéraux

Accréditation

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Crédit photo : SDB

À la suite à d’une enquête indépendante menée sur le ressenti des biologistes médicaux libéraux concernant l’accréditation telle qu’elle se pratique dans les laboratoires privés, une tendance se fait sentir : l’accréditation telle qu’elle est conçue aujourd’hui est considérée « à la fois comme trop lourde pour les biologistes médicaux et sans réel impact sur la qualité des soins pour les patients. »

« Près de dix ans après le début du processus [d’accréditation] NDLR, le bilan est largement négatif », estime François Blanchecotte, Président du Syndicat des Biologistes (SDB). Alors que la profession aborde la dernière étape de l’accréditation, les membres du SDB estiment « qu’il est urgent de modifier le dispositif afin de le rendre à la fois plus acceptable pour la profession et plus efficient pour les patients. » C’est ce que révèle une enquête indépendante menée fin septembre et début octobre auprès des 1 250 adhérents du syndicat. Parmi les répondants, 84 % exercent en laboratoires de biologie médicale de ville à sites multiples, 10 % en groupes de SEL et 5 % en laboratoires à site unique. Plus en détails, 78,6 % des biologistes répondants sont responsables de leur site et 21,4 % sont responsables de la qualité.

Résultats de l’enquête sur le ressenti des biologistes face à l’accréditation

Voici les éléments clefs qui ressortent de cette enquête :

Concernant la charge de travail du processus d’accréditation, près de 49 % des biologistes médicaux interrogés estiment que le processus d’accréditation génère une charge de travail très lourde. 23,5 % la considèrent même comme « insupportable ». Ces spécialistes connaissent plutôt bien le nombre de documents à fournir (66,5 %) pour les visites de suivi et d’extension. Sur les 79,5 % ayant répondu à cette question, 45 % considèrent cette charge administrative « trop importante » et 34,5 % comme « beaucoup trop (34,51 %) importante ». Les pourcentages sont similaires en ce qui concernent les avis des biologistes quant au nombre de documents à renvoyer à chaque fois au Cofrac.

À propos des relations avec le Cofrac, 73,5 % des biologistes médicaux interrogés jugent les délais de réponse laissés au laboratoire comme « trop courts (51,5 %) ou beaucoup trop courts (22 %) ». Il en est de même de la date de communication de la visite d’évaluation, laquelle est perçue comme « tardive » par 60 % des biologistes répondants, « trop courte » pour 50 % d’entre eux et « beaucoup trop courte » pour 10 % des personnes interrogées.

En revanche, les relations et les échanges avec les évaluateurs qualité du Cofrac sont qualifiés de « neutres » pour 36,15 % des répondants ou de « constructifs » pour 29,58 % des biologistes répondants. Ils sont toutefois 26,29 % à les juger « tendus. »

Quant aux relations avec les évaluateurs techniques, elles ont une meilleure cote puisque 37 % des biologistes ayant répondu estiment qu’elles sont « constructives », 33 % « neutres », et 22 % les qualifient de « tendues ». Enfin, pour 59 % des biologistes, les relations entre leur laboratoire et le responsable de l’accréditation du Cofrac sont « régulières et plutôt satisfaisantes. » Elles ne sont tendues que pour à peine 5 % d’entre eux. Elles sont jugées « neutres » à 55,74 % et « constructives » à 39,34 %.

Crédit photo : SDB

À propos de l’intérêt de l’accréditation au regard des soins prodigués aux patients, 59 % des biologistes sondés estiment que « la visite des évaluateurs n’a aucun impact sur la qualité des prestations du laboratoire pour les soins prodigués aux patients. » Ils ne sont que 24 % à penser le contraire. Dans le détail, seuls 23 % des biologistes estiment que les écarts signalés sont « pertinents » ou « très pertinents » (1 %) par rapport aux soins prodigués aux patients. L’écrasante majorité (76 %) affirme que « ces écarts n’apportent rien aux soins. » Parmi eux, ils sont même près de 32 % à penser que « ces écarts signalés sont contre-productifs pour la qualité de soins. »

Enfin, concernant les normes ou règles imposés aux biologistes des laboratoires, beaucoup d’éléments sont ressortis avec néanmoins des constantes : « la lourdeur administrative et le formalisme pour tout, la trop grande fréquence de visites Cofrac, la redondance des process, les formations internes qui doublonnent les habilitations… mais aussi le formalisme qui éloigne le biologiste du patient. »

Par ailleurs, de nombreux biologistes demandent « des allègements de certaines parties de la norme, » en particulier de la partie 4 ou encore de celles qui ont trait aux excès de la métrologie. Beaucoup soulignent « l’inadaptation de certaines normes et règles (délais) à des situations de terrain concrètes » tandis que les « sur » ou « mauvaises » interprétations des auditeurs Cofrac » sont déplorées par de nombreux biologistes.

Source : Enquête 2017 indépendante demandée par le SDB

La rédaction