Le dépistage de Chlamydia trachomatis par autoprélèvement bénéfique

Dépistage

Biologiste infos
Crédit photo : iLexx-istock

En France, proposer le dépistage de Chlamydia trachomatis par autoprélèvement aux jeunes via une plateforme Internet triple les chances de dépistage, selon les résultats d’un essai randomisé conduit par Santé publique France et publié dans la revue Sexually Transmitted Infections.

Ces résultats ont été diffusés lors d’un colloque organisé par le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) au Ministère des solidarités et de la santé.

La dernière enquête nationale de prévalence de Chlamydia trachomatys révélait les chiffres de 3,2 % chez les femmes et de 2,5 % chez les hommes. Entre 2013 et 2015, le nombre global d’infections à Chlamydia a augmenté de 10 %, selon Santé publique France.

Alors que le dépistage systématique de Chlamydia trachomatys chez les jeunes sexuellement actifs, existe dans plusieurs pays européens, il n’a pas été mis en place en France. À l’instar du Royaume-Uni, de la Suède et des Pays-Bas qui ont mis en œuvre une stratégie d’autoprélèvement, Nathalie Lydié de l’unité de santé sexuelle de Santé publique France et ses collègues ont évalué l’efficacité d’un kit d’auto-prélèvement en France. Ils ont, pour ce faire, lancé une campagne de communication sur les réseaux sociaux fin 2012, encourageant les jeunes à se rendre sur le site Chlamyweb, qui proposait de l’information sur Chlamydia trachomatys, sur son dépistage et son traitement, mais aussi l’insertion dans un essai randomisé avec envoi d’un kit de dépistage, ou une invitation à se faire dépister dans un laboratoire.

Les kits ont été envoyés au Centre national de référence des infections bactériennes sexuellement transmissibles à Bordeaux et les résultats étaient envoyés aux participants et, en cas de positivité, à leur médecin traitant en plus.

7215 personnes âgées de 18 à 24 ans ont été incluses dans cette étude. Par rapport à la population générale, Chlamyweb touchait un public ciblé, essentiellement des femmes, des jeunes et des personnes ayant plusieurs partenaires l'année précédente. 3372 (46,7 %) ont accepté de recevoir un kit d'auto-échantillonnage et 2084 (61,8 %) l'ont renvoyé, avec plus de femmes que d’hommes. Le taux de participation a été associé au sexe, à l'âge, au lieu de naissance, au statut professionnel, au nombre de partenaires et à l'utilisation du préservatif. Le taux de dépistage a plus que triplé chez les personnes ayant reçu un kit d’autoprélèvement, avec 29,2 % dans le bras kit de prélèvement, contre 8,7 % dans le bras dépistage au laboratoire. Globalement, le taux de positivité n’était pas statistiquement différent dans les deux groupes et s’élevait à 6 %. Il était tout de même plus important chez les femmes (8,4 %) que chez les hommes (4,4 %).

Les auteurs ont conclu de cette étude que : « L'offre de kits d'auto-échantillonnage faciles à utiliser a semblé être une stratégie réalisable d’un point de vue logistique pour ce type de tests en France. Elle a atteint une population importante et variée, et même des personnes ayant un accès limité au système de santé traditionnel. »

Ils recommandent l’emploi de cette stratégie « en complément des stratégies classiques ». En effet, le coût global d’un test positif est trois fois moindre avec l’autoprélèvement (375 à 482 euros) par rapport à celui d’un dépistage classique (1123 à 1443 euros).

La rédaction avec l’APM