Le CNPS interpelle les candidats

Election présidentielle

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Le Centre National des Professions de Santé, qui fédère les syndicats de professionnels de santé libéraux intervient dans le débat politique, à moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle française.

Par voie de communiqué, rendu public le 7 avril, le CNPS critique ouvertement ce qu’il dénomme comme la « banalis(ation) du secteur de la santé pour en faire un secteur de consommation comme un autre, dans lequel serait activée une concurrence sur les prix dans le but d’écraser les supposées marges des professionnels de santé ». Une annonce qui fait immédiatement écho au programme d’Emmanuel Macron (EM). En effet, le fondateur du mouvement "En Marche !", avait proposé la création de trois contrats types de complémentaire santé non exclusive, afin de favoriser la concurrence.

Invoquant un sujet « plus complexe », qui engage des questions de « qualité », de « sécurité des soins », « d’innovation » et de « solvabilisation », le communiqué invite également à ne pas « céder aux sirènes de la marchandisation ni au dogme de la consommation pour la Santé, même pour complaire à Bruxelles. »

Le CNPS exhorte aussi clairement les candidats à redéfinir la place de l’assurance maladie et des complémentaires de santé. Pour le communiqué, « la part des remboursements obligatoires des soins (…) doit cesser de reculer au profit du secteur des complémentaires, lequel n’ambitionne pas la disparition du reste à charge afin de préserver ses propres marges bénéficiaires ». Un argument à charge contre les réseaux de soins, que l’on retrouve — en partie — dans les propos tenus par Benoît Hamon. Le candidat du Parti socialiste s’était dit opposé à un désengagement de l’assurance maladie ainsi qu’à un reste à charge zéro, car un remboursement à 100 % reviendrait selon lui à entretenir « la rente » des fabricants.

Le CNPS fustige enfin les réseaux fermés, « qui remettent le libre-choix du patient », et dénonce ce qu’il appelle un « éventuel report de l’évaluation de ses réseaux », et interpelle les candidats qui ne l’ont pas encore fait, à prendre position sur la concurrence et les réseaux de soins complémentaires.

Kessy Huebi-Martel