L’intérêt du dosage de la calprotectine fécale

Expertises

Source : N. Kapel, K. Amrani, K. Peoc’h, Feuillets de Biologie n°338 - Septembre 2017.

La prévalence des troubles digestifs chez l’adulte est d’environ 15 % en France. L’identification de l’étiologie en est parfois difficile. Le Pr Nathalie Kapel fait le point sur l’utilisation du dosage de la calprotectine, marqueur de l’inflammation intestinale, pour le diagnostic et le suivi des maladies intestinales.

Les deux étiologies majeures des troubles digestifs sont le syndrome de l’intestin irritable (SII) et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). « Le diagnostic différentiel entre ces deux étiologies est souvent complexe », déclare le Pr Nathalie Kapel, chef de service, biologiste des Hôpitaux à la Pitié-Salpêtrière, lors des Journées Bio-M organisées par le SDB en mai 2019. En ce qui concerne le SII, il s’agit d’un diagnostic d’exclusion basé essentiellement sur l’interrogatoire du patient (critères de Rome IV). « Il n’y a pas d’outils biologiques de diagnostic positif. On estime être en présence d’un SII en cas de douleurs abdominales accompagnées de troubles du transit sans cause organique après un bilan endoscopique et/ou radiologique », détaille le Dr Kapel. Les MICI (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique, colites inclassées) sont, quant à elles, des maladies d’étiologie mal connue résultant du développement d’une réaction inflammatoire chronique, intermittente ou continue, de la muqueuse intestinale et caractérisées par des diarrhées et des douleurs abdominales. Pour ces deux types de maladies intestinales, « du fait de la corrélation très imparfaite entre la symptomatologie clinique et l’activité des maladies intestinales (SII, MICI), nous devons avoir recours à des investigations invasives ou coûteuses (imagerie, endoscopie, histologie…) », constate Nathalie Kapel, qui précise « les marqueurs biologiques classiques CRP (C-reactive protéine) ou VS (vitesse de sédimentation) sont peu spécifiques et d’un intérêt modéré car souvent normaux chez les patients ayant une inflammation modérée, soit 40 % des patients. Il existe donc un vrai besoin de marqueurs objectifs de l’inflammation intestinale, pour une optimisation et une personnalisation de la prise en charge médicale des patients ».

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