Découverte d’une nouvelle méthode pour la détection précoce de la maladie de Parkinson

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Crédit photo : Roberto Biasini

Les recherches menées par Agustin Ibáñez, directeur du Laboratoire de Psychologie expérimentale et de neurosciences de l’Institut de Neurologie Cognitive (INECO), en Argentine, ont mené à la découverte d’une nouvelle méthode pour détecter prématurément la maladie de Parkinson. Ils ont établi une relation entre l’atrophie précoce des noyaux gris centraux (NGC) et les problèmes de langage associé à la maladie.

C’est une avancée dans la compréhension de la maladie de Parkinson. Pour la première fois, des chercheurs ont pu identifier une région du cerveau qui révèle le développement de la maladie de Parkinson, à travers l’évaluation du volume des NGC. Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont étudié la structure et l’activité cérébrale de patients lorsqu’ils réalisaient une tache appelée « Action-sentence compatibility effect » (ACE).

C’est donc en combinant une Imagerie par Résonnance Magnétique fonctionnelle (pour mesurer le volume du cerveau) avec un électroencéphalogramme (pour déterminer le degré d’informations partagées par différents réseaux cérébraux) que les chercheurs ont pu étudier l’effet de l’ACE. Ainsi, l’équipe de chercheurs a mis en évidence que les déficits du langage d’action, ou plus correctement, le couplage entre le langage d’action et le système moteur (circuits nerveux responsables de la motricité involontaire, tel que le réflexe, et le contrôle de la posture), sont affectés dans les premiers stades de la maladie, avant que la pathologie motrice ne se manifeste brusquement (suivi de la dégradation des fonctions exécutives et des déficiences cognitives avancées).

En outre, en couplant l’IRM et les résultats de l’effet de l’ACE, les chercheurs ont pu établir une relation entre l’atrophie précoce des NGC et les problèmes de langage associé à la maladie.

Biomarqueurs cérébraux

Ces recherches ont également permis de démontrer l’existence de marqueurs cérébraux mettant en évidence les déficits du langage d’action dans la maladie de Parkinson, qui peuvent être observés tant au niveau cortical que sous-cortical, en impliquant un recrutement plus vaste de réseaux cérébraux au niveau cortico sous-cortical et du lobe fronto-temporal.

Bien que le mystère de la maladie de Parkinson soit loin d’être élucidé, cette découverte ouvre de nouvelles voies pour la prévention et le traitement, notamment pour mettre en œuvre des traitements qui conservent les capacités motrices et la qualité du langage d’action. En effet, les implications cliniques et théoriques de cette découverte pourront être extrapolées à d’autres pathologies qui impliquent des dommages des ganglions de bases, comme pour la maladie de Huntington, et d’autres maladies motrices comme la sclérose latérale amyotrophique, ou la dégénération cortico-basale.

La rédaction avec le site www.diplomatie.gouv.fr/