Biomnis, en grande difficulté financière, envisage de supprimer 200 emplois à Lyon

Plan de restructuration

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PARIS, 2 mai 2013 - Affichant un endettement de plusieurs dizaines de millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 230 millions d'euros, le laboratoire de biologie médicale Biomnis, envisage de supprimer 200 emplois en trois ans, principalement sur Lyon.

Implanté à Lyon et à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le laboratoire Biomnis ne serait plus en mesure "de rembourser ses créanciers", a expliqué Chantal Raga, la déléguée syndicale CFDT, tout en précisant que "les chiffres restaient confidentiels".

"Jusqu'à fin 2010, l'augmentation des volumes compensait la baisse de la tarification, a précisé Mme Raga. Mais depuis, les laboratoires de ville se sont associés, ont créé des plateaux techniques et se sont mis à traiter eux-mêmes une grande partie de leurs analyses".

A cette perte de volume s'est ajoutée "une mauvaise gestion financière de Pierre-Yves Guiavarch, directeur opérationnel du laboratoire à partir de 2008", a affirmé Chantal Raga. Dans une interview pour les Echos, Corinne Chazal, déléguée CGT, parlait même d'un manque d'anticipation de la précédente direction de Biomnis.

Un plan de restructuration

Au bord du dépôt de bilan depuis fin 2012, la société a cherché d'autres investisseurs pour assurer sa pérennité mais toutes les tentatives de reprise ont échoué les unes après les autres.

Lors du dernier comité central d'entreprise, qui a eu lieu le 23 avril à Lyon, un projet de restructuration de la dette a été présenté. Selon la déléguée syndicale CFDT, AXA Private Equity, le principal créancier de Biomnis, aurait accepté de reprendre l'entreprise, en conditionnant sa recapitalisation à un plan de sauvegarde de l'emploi.

"Si l'entité Biomnis avait disparu, Duke Street et Axa auraient été perdants. Duke Street avait acheté le laboratoire sous la forme d'un LBO (leveraged buy-out) et attend donc un remboursement par une ponction sur le chiffre d'affaires de la société. De son côté, AXA était le principal créancier du laboratoire, donc souhaite également retrouver ses investissements", a indiqué Mme Raga. "Le plan de reprise a toutefois été conditionné à l'obligation de réaliser un plan social".

Celui-ci prévoierait la suppression de 200 emplois, principalement sur le site lyonnais où Biomnis emploie 500 personnes, mais peut-être aussi sur le site d'Ivry-sur-Seine (où 400 personnes sont employées).

Une réorganisation majeure aurait alors lieu, le site d'Ivry-sur-Seine deviendrait un site d'analyses de routine, et celui de Lyon, serait chargé des analyses spécialisées (cotées en nomenclature).

Le projet est en cours d'examen au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). Selon l'APM, ses modalités seront détaillées lors du prochain comité central d'entreprise, programmé le 28 mai, selon Mme Raga.

"Nous attendons de voir ce qui va figurer dans le plan, afin de décider comment agir et savoir ce que nous pouvons encore sauver", a déclaré Mme Raga.

Initialement appelé "Institut Pasteur de Lyon", avec comme principal fournisseur, les Hospices civils de Lyon, le laboratoire subi un premier plan social en 1995 et est cédé à Charles Mérieux. Cinq ans plus tard, le biologiste Jean-Louis Oger le rachète ainsi que le laboratoire Claude Lévy à Ivry-sur-Seine et obtient une dérogation pour les faire fonctionner sous une même entité juridique.

Après le désengagement de la fondation Mérieux en janvier 2008, Biomnis est racheté en octobre 2008 par le fonds d'investissement franco-britannique Duke Street Capital pour une valeur de 217 millions d'euros.

Pierre-Yves Guiavarch est alors nommé président jusqu'en novembre 2012 puis sera remplacé par Michel Samama.

E.C. avec les Echos et l'APM

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