Le dépistage de la syphilis en biologie délocalisée : l’avenir du diagnostic

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PARIS, 18 mars 2013 – Une étude canadienne parue dans PLos ONE démontre que les tests de dépistage de la syphilis en biologie délocalisée sont aussi précis que lorsqu’ils sont effectués en laboratoire.

La syphilis est une maladie sexuellement transmissible qui peut également être transmise de la mère au fœtus pendant la grossesse ou lors de l’accouchement. D’après l’OMS, la syphilis reste un enjeu de santé publique : environ 12 millions de personnes sont infectées chaque année et 90 % d’entre elles l’ignorent.

Actuellement, le test de dépistage de la syphilis en laboratoire peut prendre jusqu’à trois semaines. Ce test requière des agents chimiques, un personnel formé et un accès permanent à l’électricité, ressources qui ne sont pas disponibles partout. A l’inverse, le dépistage en biologie délocalisée ne nécessite qu’un échantillon de sang obtenu par piqûre au bout du doigt, et le résultat est disponible après 20 minutes.

L’équipe de recherche, dirigée par des scientifiques de l’Institut de recherche de l’université de McGill, a mené une méta-analyse afin de comparer le test de dépistage de la syphilis en biologie délocalisée avec le test standard en laboratoire. Cinq bases de données (1980-2012) et trente-trois articles ont fourni des données sur lesquelles des modèles bayésiens hiérarchiques ont été appliqués.

Les auteurs concluent que la sensibilité et la spécificité des tests de dépistage en biologie délocalisée sont comparables à celles des tests en laboratoire. Dans les zones à ressources limitées, le dépistage en biologie délocalisée permet d’améliorer l’accès au dépistage et de diminuer la mortalité néonatale due à la syphilis congénitale. Dans ces zones géographiques, le dépistage en biologie délocalisée est donc une solution.

Source : Yalda Jafari et al. : Are Treponema pallidum Specific Rapid and Point-of-Care Tests for Syphilis Accurate Enough for Screening in Resource Limited Settings? Evidence from a Meta-Analysis. Plos One, 2013.

Camille Aulas

Crédit photo : © Slim-Wikimedia