Les autotests arrivent en officine

Covid-19

©Taechit Taechamanodom-istock

Les autotests antigéniques sur prélèvement nasal pour le Covid-19 sont autorisés à la vente en officine, selon l’arrêté publié au Journal officiel du dimanche 11 avril 2021.

Le prix de vente de ces tests rapides est plafonné à 6 € (TVA 0%) jusqu'au samedi 15 mai, puis 5,20€ au-delà. L’indemnité de dispensation prévue est de 1 € HT pour la dispensation de 10 autotests par mois. Chaque autotest est facturé à l’Assurance maladie : 5,2 euros jusqu’au 15 mai, puis 4,2 euros. Le prix limite d’achat par les pharmaciens aux grossistes-répartiteurs est fixé à 4,7 euros TTC jusqu’au 15 mai, puis 3,7 euros TTC. Des négociations sont en cours avec l’Assurance maladie afin de garantir 10% de marge aux pharmaciens.

Des tests réservés aux personnes asymptomatiques

L’Arrêté précise que « les pharmaciens peuvent conseiller, dispenser et vendre dans leur officine des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro destinés à réaliser des autotests de détection antigénique du virus SARS-CoV-2 sur prélèvement nasal » et que « ces dispositifs médicaux sont réservés aux personnes asymptomatiques de plus de quinze ans pour leur seul usage personnel ». Les patients présentant des symptômes doivent réaliser un test antigénique ou RT-PCR.
Ces tests ne sont pris en charge à 100% (dans la limite de dix unités par mois) que pour des cas particuliers : salariés de l’aide à domicile, accueillants familiaux et services médico-sociaux auprès des personnes en situation de handicap, sur présentation d’un justificatif professionnel. Pour la dispensation à ces publics la FSPF (Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France)réclame un honoraire de dispensation.

Une sensibilité moindre

Lors de la dispensation de ces dispositifs, les pharmaciens doivent remettre au patient le guide d'utilisation figurant sur le site internet du ministère chargé de la santé. Vingt-cinq exemplaires seront remis par le grossiste-répartiteur annonce DGS-Urgent qui indique aussi que « l’autotest étant de sensibilité moindre, notamment du fait du prélèvement nasal au lieu de prélèvement nasopharyngé et de l’autoprélèvement, une utilisation itérative est recommandée, une à deux fois par semaine, afin de s’assurer de réaliser le test au début de l’infection, quand le virus est le plus détectable et la personne est la plus contagieuse ».
Si le test s’avère positif, les patients sont invités à effectuer un test PCR pour confirmer leur résultat et assurer le traçage.

Un risque de mésusage

« Ces autotests seront intéressants si leur utilisation est bien cadrée, en complément des tests PCR nasopharyngés réservés aux patients les plus à risques (cas contacts et symptomatiques), notamment dans les cas de dépistages itératifs » analyse Lionel Barrand, président du syndicat Les Biologistes Médicaux. « Mais attention au risque de faux négatifs, qui rassurent à tort, mais également au risque de faux positifs » prévient-il. « La question, c’est quelle partie de la population va s’en saisir ? Interroge François Blanchecotte, président du SDB (Syndicat des Biologistes). Tous les testés positifs vont-ils réellement se rendre en laboratoire pour réaliser un test PCR ? » Dans le cas contraire, cela pose la question du suivi épidémiologique et du respect des consignes à suivre pour casser les chaines de transmission… « Nous manquons de visibilité et attendons surtout le pass santé qui devrait voir le jour en juin qui sera basé sur des éléments objectifs (test PCR, sérologie, vaccination) et permettra, je l’espère, de redémarrer notre économie » projette-t-il.

Dans l’attente d’autotests conformes aux critères de la HAS

Il faut en réalité patienter encore un peu car « aucun autotest conforme aux critères fixés par la Haute Autorité de santé n’est disponible sur le marché » alerte la FSPF dans un communiqué ce matin. Le site du Ministère de la Santé référence les tests disponibles.
Des précisions pratiques doivent faire l’objet d’un nouvel arrêté et d’un décret à paraitre très prochainement.

J.S. et N.B.S.