Faut-il encourager l'autoprescription ?

Point de vue

Le nombre d’examens de biologie médicale effectués à la demande du patient, sans ordonnance, ne cesse de croître. Quel est le profil de ces patients ? Quelle réponse peuvent leur apporter les biologistes ?

La demande d’examens en autoprescription a progressé de 33 % entre 2018 et 2019, passant de 98 262 en 2018 à 130 811 en 2019, selon une enquête du réseau de biologistes indépendants Biogroup. Environ 20 % seulement de ces examens sont ensuite régularisés par une ordonnance (ce cas de figure concerne en particulier les analyses d’INR demandés chez les patients de plus de 80 ans). Cette étude a été menée sur un échantillon de 150 laboratoires et les résultats ont ensuite été extrapolés aux 600 laboratoires du groupe.

Génération « Doctolib »

Les personnes de 20 à 40 ans sont largement les plus demandeuses d’analyses sans ordonnance (voir figure 1). « Chez les 20 à 40 ans, une nette saisonnalité s’observe, avec un afflux de demandes l’été, essentiellement d’ECBU (Examen cytobactériologique des urines) et de dépistage des IST (infections sexuellement transmissibles) », commente le Dr Laurent Kbaier, biologiste médical à Hyères lors de la table ronde sur l’autoprescription organisée par Biogroup en février dernier.
Si chez les femmes, le test de grossesse est majoritaire (71 % des demandes), chez les hommes la répartition est plus équilibrée avec des demandes ciblées sur la prévention : dépistage du VIH, gamma-GT(consommation d’alcool), et recherche de THC (prise de cannabis). « Le citadin de 20 à 40 ans, pressé, se rend au laboratoire pour un bilan, puis va consulter le médecin », analyse le Dr Kbaier.
 

Retrouvez l'intégralité de cet article issu de Biologiste Infos n°105 (pg 12-13) ici