Maîtrise des températures d'une enceinte thermostatique

Techniques

© Jean-Pierre Bouilloux et Bertrand Blanquart

Les laboratoires de biologie médicale disposent d'équipements au sein desquels la température s'échelonne entre – 80 °C et
+ 40 °C ; celle-ci peut même atteindre jusqu'à 100 °C au niveau des thermocycleurs. Tout l'enjeu de la métrologie est de veiller à la juste mesure des températures.

La demande était explicite : « Où placer le curseur ? ». Le public venu assister à la formation en métrologie proposée par le Réseau de laboratoires de biologie médicale accrédités (Labac) en novembre 2019 n’a pas été déçu : si l’exigence et l’extrême technicité sont requises dans cette discipline, particulièrement pour l’accréditation et les audits, elles le sont en premier lieu pour optimiser les analyses. En effet, une température correcte dans les enceintes où sont disposés les échantillons permet d’éviter d’avoir à refaire des analyses à cause d’une mauvaise conservation. La métrologie est donc une science essentielle en biologie médicale. Elle concerne la surveillance des équipements et des instruments de mesure de température ainsi que l’évaluation des incertitudes de mesure.

Des procédures précises

Certains LBM la pratiquent en interne, quand d’autres font appel à des prestataires. Toutefois, « en l’absence de méthodes standardisées spécifiques aux LBM, nous ne savons pas toujours ce que font les prestataires », glisse le Dr Bertrand Blanquart, expert en métrologie des températures à Nancy, qui coanimait la formation avec le Dr Jean-Pierre Bouilloux, biologiste médical à Rodez et évaluateur pour le Cofrac1. Ces deux intervenants ont ainsi détaillé les procédures et présenté les aspects techniques et mathématiques, avec de nombreux cas pratiques à l’appui, permettant notamment à un laboratoire de biologie médicale d’effectuer lui-même cette surveillance des températures. La maîtrise des caractéristiques d’une enceinte thermostatique (réfrigérateurs, congélateurs, étuves et incubateurs) requiert deux opérations complémentaires : la caractérisation et la surveillance. La caractérisation est en fait une cartographie de la température à l’intérieur de l’enceinte : elle rend possible la détermination de ses performances thermiques. Elle est réalisée sur une période courte, souvent quelques dizaines de minutes, et le nombre de sondes de température doit être suffisant : le but est d’étudier l’homogénéité de la température dans l’enceinte. La surveillance a, quant à elle, pour objectif de détecter une dérive des performances au cours du temps, c’est-à-dire de surveiller que l’enceinte garde ses performances nominales de fonctionnement. Elle s’effectue donc avec une sonde de surveillance qui est placée en un endroit pertinent. Cette sonde de contrôle sert d’indicateur de suivi, et la surveillance s’appuie en outre sur les informations que l’enceinte peut elle-même fournir, telle que, par exemple, la détection d’une porte ouverte.


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Agnès Bourahla-Farine