La place du dosage des anticorps en vaccinologie

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© MarianVejcik-iStock


Le Pr Odile Launay, du Centre d’investigation clinique en vaccinologie Cochin-Pasteur, est revenue sur la place du dosage des anticorps dans la stratégie vaccinale lors des dernières Journées de biologie clinique (JBC). Ce dosage n’est indiqué que dans des situations bien identifiées, en pré- et post-vaccinal.

«Aucune indication en population générale », déclare d’emblée le Pr Launay. « À titre individuel, le dosage des anticorps peut être réalisé pour le diagnostic d’une infection en cours, comme indication à la vaccination en pré-vaccinal, ou en post-vaccinal pour dépister les nonrépondeurs et vérifier la persistance des anticorps, voire de la protection », détaille-t-elle. Au niveau collectif, le dosage ne peut servir qu’à évaluer la réceptivité d’une population ou être utilisé dans le cadre de la recherche.

Tous les vaccins commercialisés en France ne disposent d’ailleurs pas de sérologies associées. Pour les infections virales, aucun test Elisa n’est ainsi disponible en routine pour la grippe, le HPV (Human Papillomavirus) et le rotavirus. « De même, le titrage des anticorps de la polio ne peut se faire qu’au Centre national de référence (CNR) de Lyon », pointe la spécialiste. Pour les infections bactériennes, les dosages disponibles sont encore plus rares. « En routine, nous ne disposons d’une sérologie que pour la diphtérie et le tétanos, et des infections plus spécifiques comme la leptospirose et la typhoïde. Pour le pneumocoque, ce dosage ne se fait que dans le laboratoire d’immunologie de l’hôpital Cochin à Paris », complète-t-elle.

En pré-vaccinal, le titrage des anticorps nécessite une sérologie reproductible et doit permettre de cibler les personnes à vacciner, dans un modèle de coût/efficacité et un contexte de vaccination personnalisée. En post-vaccinal, le corrélat de protection doit être établi, c’est-à-dire que le titre en anticorps minimum pour assurer une protection doit être déterminé. « Ce n’est le cas que pour quelques vaccins,comme les hépatites A et B, le tétanos, la fièvre jaune parexemple », liste le Pr Launay. Surtout, ces dosages sont limités aux situations cliniques à haut risque d’exposition, en particulier s’il existe des facteurs de mauvaises réponses (immunodépression essentiellement) et la possibilité de rattraper les non-répondeurs au schéma vaccinal standard avec des vaccinations supplémentaires.

Pour lire l'intégralité de cet article issu de Biologiste Infos n°99, abonnez-vous ici ou connectez-vous à votre espace

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