Le dépistage de l’infection par le VIH en France entre 2003 et 2012

Politique de dépistage

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Crédit photo : © Tula_tulipa-Flickr

L'Institut de veille sanitaire (InVS) a confirmé l'efficacité du dispositif de dépistage rapide et ciblé du VIH, dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié le 21 octobre.

Dans son rapport, l’InVS dresse un bilan de l'offre et du recours au dépistage du VIH en France depuis 2003. L'institut y reconnaît en particulier l'efficacité du Test rapide d'orientation diagnostique (Trod), tel que le pratique les associations comme Aides depuis 2011.

Les données sur l’activité de dépistage du VIH en France couvrent la période 2003-2012 et proviennent du recueil « LaboVIH » des laboratoires d’analyses de biologie médicale, ainsi que des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) réalisés en 2012 dans le cadre d’actions de dépistage communautaire.

Entre 2011 et 2012, le nombre de sérologies est resté stable à l’échelle nationale, mais a augmenté en Outre-mer et en Île-de-France. En 2012, 5,2 millions de sérologies VIH ont été réalisées, soit 80 sérologies pour 1 000 habitants. Parmi celles-ci, 11 064 sérologies ont été confirmées positives, soit 169 par million d’habitants. Ce nombre a augmenté de 5 % par rapport à 2011. Dans les départements d’Outre-mer, il a augmenté (+ 15 %) pour la première fois depuis 2004.

Au total, sur la période 2010-2012, l’augmentation de l’activité de dépistage du VIH est restée modérée (+ 5 %), malgré les recommandations d’élargissement du dépistage publiées fin 2010, dans le cadre du Plan national de lutte contre le VIH/sida et les infections sexuellement transmissibles (IST), qui préconise de proposer le dépistage à l’ensemble de la population, hors notion de risque, et de répéter cette proposition pour les populations les plus exposées.

Plus de sérologies positives relevées par dépistage associatif

En 2012, 8 % des sérologies VIH ont été réalisées dans un cadre anonyme et gratuit, et la proportion de sérologies positives était plus élevée parmi les sérologies anonymes (3,5 ‰) que parmi les sérologies non anonymes (2,0 ‰). « Ce résultat démontre la pertinence de l'approche communautaire, en parfaite complémentarité avec l'offre de dépistage classique : aller vers et faire avec les communautés les plus touchées », selon l’association Aides.

Environ 31 700 Trod ont été réalisés en 2012 par des structures associatives, dont 10,5 ‰ se sont révélés positifs. L'InVS évoque que ce « dispositif monte en charge rapidement », ce que confirme le milieu associatif, et notamment l’association Aides, dans un communiqué : « sur les six premiers mois de l'année 2013, Aides a déjà réalisé plus de 16 600 tests, soit une augmentation de 35 % par rapport à 2012. […] Après plusieurs années de plaidoyer et d'expérimentation pour enfin obtenir, fin 2010, le précieux décret permettant la généralisation du test rapide communautaire, les résultats publiés par l'InVS aujourd'hui montrent à quel point ce combat était légitime », soulignent les représentants de l’association Aides.

L’InVS confirme que le Trod permet de « toucher une population particulièrement exposée au VIH » et « d'aller à la rencontre de publics cibles éloignés du système de santé, qui ne viennent pas ou ne peuvent pas se rendre habituellement dans les structures de dépistage. » Pour preuve, la proportion remarquable de primo-testants : 30 % des personnes dépistées par Aides en 2012 n'avaient jamais eu recours au test VIH de toute leur vie. Sur le seul premier semestre 2013, 27 % des personnes dépistées séropositives réalisaient avec Aides leur tout premier test.

Aides se félicite de la publication de ces résultats et entend intensifier plus encore son offre de dépistage rapide. « Il y a urgence, car 30 000 personnes en France ignorent toujours leur séropositivité. Nous appelons les pouvoirs publics à s'emparer de ces données et à accroître les financements dédiés au Trod, aujourd'hui insuffisants, en particulier dans les régions les plus touchées : Ile-de-France, PACA, et départements français d'Amérique (Guyane, Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin) », conclut l’association dans son communiqué.

D'après l'InVS et le communiqué de Aides

E.C.