Bilans de stress oxydant : intérêts et dérives

Manifestation

Joël Pincemail, docteur en sciences biomédicales au CHU de Liège ©ABF

Le bilan de stress oxydant : avancée ou escroquerie ? C’est l’un des sujets abordés lors de la CORATA belge, congrès de biologie clinique, au Touquet, en septembre 2017. Ainsi, déclinant les arguments en sa faveur, Joël Pincemail, docteur en sciences biomédicales à Liège, dénonce certaines dérives. Damien Gruson, professeur en biochimie médicale à l’UCL Saint-Luc, évoque d’autres éléments en défaveur du bilan. Décryptage.

Docteur en sciences biomédicales au CHU de Liège, Joël Pincemail explique : « La production d’espèces oxygénées activées (EOA), dont font partie les fameux radicaux libres, découle du métabolisme normal de l’oxygène. Produites en excès dans l’organisme, les EOA induisent des dommages oxydatifs irréversibles au niveau des lipides, de l’ADN ou des protéines, dommages qui sont potentiellement impliqués dans le développement des maladies cardiovasculaires, neuro-dégénératives et des cancers, en raison de leurs propriétés oxydantes. Pour contrebalancer les effets délétères des EOA, notre organisme dispose d’un arsenal important d’anti oxydants : ils peuvent soit interagir directement avec ces EOA, soit réparer les dommages oxydatifs induits au niveau des substrats cités ci-dessus. » Les principaux antioxydants sont les suivants : vitamines C et E, caroténoïdes, glutathion, polyphénols, certaines enzymes, ou encore le coenzyme Q10. « Un stress oxydant (et non oxydatif) se définit donc comme étant un déséquilibre entre la production d’espèces oxygénées et les antioxydants en faveur des premières », rappelle Joël Pincemail. La production de ces espèces oxygénées activées peut être augmentée par certains facteurs tels que le tabagisme, la pollution, l’exposition aux radiations, au soleil et aux nanoparticules, l’hyperglycémie, l’hypertension artérielle et même un exercice physique intense. Certaines études montrent, par exemple, que plus les taux d’antioxydants sont bas, plus le risque de développer des maladies cardiovasculaires et des cancers est élevé.

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Agnès Bourhala-Farine