Mycoplasma genitalium devient un agent d’IST émergent et multi-résistant

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Source : Présentation du Dr Sabine Pereyre, du Centre National de Référence (CNR) des IST
bactériennes au CHU de Bordeaux


Malgré une prévalence faible et un portage souvent asymptomatique, Mycoplasma genitalium, un agent d’infection sexuellement transmissible (IST) pathogène, pourrait rapidement s’avérer « intraitable ». Une forte prévalence de résistance aux macrolides est constatée, ainsi qu’une augmentation des résistances aux fluoroquinolones, voire une double résistance. De nouvelles stratégies thérapeutiques doivent être envisagées.

Entièrement séquencé en 1995, le génome de Mycoplasma genitalium est le plus petit connu, avec 580 kb et 485 gènes. Pourtant, cette cellule minimale pourrait bientôt poser un problème certain de santé publique. Les mycoplasmes sont loin d’être tous pathogènes ; seulement cinq espèces le sont sur les dix-huit qui infectent l’homme. Si Ureaplasma spp. et Mycoplasma hominis sont des commensaux du tractus urogénital bas et peuvent constituer des pathogènes opportunistes, seul M. genitalium est un agent d’infection sexuellement transmissible (IST). « Avec très peu d’isolats cliniques, l’association entre les symptômes et la bactérie n’a pu être faite que dans les années 1990 avec le développement des méthodes de PCR»,  rappelle le Dr Sabine Pereyre, du Centre national de référence (CNR) des IST bactériennes au CHU de Bordeaux. Sa prévalence est faible, entre 1 % et 3 % en population générale, pouvant monter jusqu’à 38 % dans les centres de dépistage des IST. « L’infection arrive en 2e position, avant le gonocoque », prévient la spécialiste. « Le portage est fréquemment asymptomatique mais l’infection prédispose à d’autres IST et est associée à des urétrites chez l’homme, et chez la femme à des cervicites et salpingites, ainsi qu’à des naissances prématurées et des fausses couches. » Les symptômes, peu spécifiques, sont ceux de nombreuses IST (écoulements, douleurs pelviennes, brûlures).

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Noëlle GUILLON