Quelle est l’aide de la biologie dans le diagnostic de la borréliose de Lyme ?

Point de vue

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Le Pr Benoît Jaulhac, responsable du Centre national de référence (CNR) des Borrelia à Strasbourg, dresse un panorama des dernières connaissances et rappelle les recommandations concernant la borréliose de Lyme transmise par les tiques, une infection très médiatisée.

«Le risque de développer une borréliose de Lyme est faible à chaque piqûre de tique (1 à 2 %) », dédramatise le Pr Jaulhac, lors des Journées de Biologie clinique 2019. Responsable du Centre national de référence (CNR) des Borrelia à Strasbourg, le Pr Benoît Jaulhac dresse un panorama des dernières connaissances et rappelle les recommandations concernant la borréliose de Lyme transmise par les tiques, une infection très médiatisée.
Le taux d’infection des tiques par les différentes espèces de Borrelia en Europe varie entre 1 % et 30 %, la moyenne étant de 10 % en France. Seules certaines espèces de bactéries de genre Borrelia sont impliquées dans les borrélioses humaines, particulièrement B. afzelii, B. burgdorferi sensu stricto et B. garinii en France. « Dans la majorité des cas, l’infection n’est pas transmise de la tique à l’homme. Dans 3 % à 15 % des cas de piqûres de tique infectée, la borréliose va se déclarer et dans 9 % à 25 %, il y a une simple séroconversion et l’infection avorte ».

En l’absence de mise en place d’un traitement antibiotique, seuls 10 % des phases précoces localisées (érythème migrant ou EM), vont évoluer vers une phase précoce disséminée, avec des atteintes neurologiques, articulaires, cutanées, parfois cardiaques ou oculaires, puis éventuellement, en l’absence de traitement, vers une phase tardive après six mois, caractérisée par une acrodermatite chronique atrophiante (ACA) ou différentes autres pathologies chroniques. L’incidence de la maladie a été de 69/100 000 en France, en 2017, soit 45 000 cas, un nombre en légère diminution
après un pic en 2016. Cette incidence n’est pas très différente de celle de l’Allemagne, contrairement à ce qui est parfois entendu. Sur 9 « länders » entre 2013 et 2017, elle a été de 26 à 41 cas/100 000 habitants. Dans les deux pays, les érythèmes migrants sont largement majoritaires (plus de 95 % des cas) par rapport aux formes disséminées. En revanche, il convient de noter de fortes variations régionales dans les deux pays. L’incidence peut ainsi monterà 300/100 000 en Alsace ou dans le Limousin.
 

Pour lire l'intégralité de cet article issu de Biologiste Infos n°99, abonnez-vous ici ou connectez-vous à votre espace

 

Noëlle GUILLON