Intérêt clinique et contraintes de l’hématologie délocalisée

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Les examens de biologie médicale délocalisée (EBMD) en hématologie présentent une offre de plus en plus variée, que ce soit pour le dosage de l’hémoglobine, des fonctions plaquettaires ou de la coagulation. Comment évaluer l’intérêt clinique de ces examens ? Quelles sont les étapes pour leur mise en place suivant les contraintes de l’accréditation ?

«Les examens de biologie médicale délocalisée (EBMD) sont des examens réalisés à proximité du patient, dont le résultat peut entraîner une éventuelle modification des soins qui lui sont prodigués », présente Dominique Lasne biologiste au laboratoire d’hématologie, Hôpital Necker- Enfants-Malades, lors des Journées de Biologie clinique Necker Institut Pasteur 2019. Ces examens sont soumis à accréditation, selon la norme EN ISO 22870, et donc à l’objectif des 100 % d’accréditation pour 2020. « 2020, c’est demain », note la biologiste. « La justification de la nécessité de recourir aux EBMD est la première étape de la procédure de mise en place d’un projet d’hématologie délocalisée selon la norme EN ISO 22870 », déclare Dominique Lasne. En hématologie, plusieurs examens d’EBMD répondent à un réel besoin clinique pour améliorer la prise en charge du patient. Par exemple, en cas d’urgence, le dosage de l’hémoglobine permet de guider latransfusion. En analyse de la coagulation, certains EBMD rendent possible l’exploration d’étapes de l’hémostase non couvertes par les techniques usuelles (fibrinolyse, fermeté du caillot, qualité des plaquettes). Enfin, des examens comme le dosage de l’INR (International Normalized Ratio) permettent d’éviter les prélèvements invasifs dans des populations particulières, comme les enfants ou les patients âgés sous AVK (antivitamines K).

L’évaluation médico-économique est primordiale, elle peut être faite par une analyse de la littérature. « Il est alors essentiel de vérifier au bout d’un an si le bénéfice médico-économique attendu est bien vérifié localement », complète le Docteur Lasne. Pour mettre en place un tel projet, un comité d’encadrement de biologie délocalisée de l’établissement doit avoir été constitué au préalable. Ce dernier s’appuie sur un partenariat entre biologistes médicaux et équipe clinique. L’étape suivante consiste en la sélection des appareils. Il en existe une grande variété. Le choix doit reposer sur des critères cliniques et analytiques : niveau de précision souhaitée, domaine de mesure, analyse de la littérature, comparaison avec les résultats de laboratoire. La connectique est également importante : connexions aux systèmes d’identification du patient (SIH) et de gestion de laboratoire (SGL) pour la gestion des CIQ (contrôles internes de qualité),la validation biologique, le compte-rendu, etc.
 

Pour lire l'intégralité de cet article issu de Biologiste Infos n°99, abonnez-vous ici ou connectez-vous à votre espace


Nadia Bastide-Sibille