Le CXCL4, un marqueur sérique de progression pour la sclérodermie systémique

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Crédit photo : © Frank Breuckmann

Une étude du New England Journal of Medicine (NEJM) publiée online le 18 décembre 2013, suggère que les cellules dendritiques plasmacytoïdes auraient un rôle central dans la sclérodermie systémique, notamment via la sécrétion du facteur CXCL4.

STAT4 (signal transducer and activator of Transcription 4) et IRF5 (interferon regulatory factor 5) sont deux facteurs associés à une susceptibilité à la sclérodermie systémique (ScS). Ils sont tous deux impliqués dans la sécrétion de l’interféron de type I, dont la source majeure sont les cellules dendritiques plasmacytoïdes (cdp).

Soupçonnant les cdp d’être fortement impliquées dans la pathogénie de la ScS, van Bon et ses collègues ont effectué l'analyse protéomique de ces cellules dans 779 cas de ScS (462 formes limitées et 317 formes diffuses) et chez des contrôles sains. Les résultats ont été validés dans cinq cohortes de malades atteints de ScS et comparés à ceux de malades atteints de LED, spondylo-arthrite ou fibrose hépatique.

Les taux sériques moyens de CXCL4, principale cytokine secrétée par les cdp, étaient de 25 624pg/mL ± 2 652 chez les malades avec SS, versus 92,5 pg/mL ± 77,9 chez les contrôles, 1 346 pg/mL ± 1 011dans les lupus érythémateux disséminés (LED), 1 368pg/mL ± 1 162 pour les spondylo-arthrites et 1 668 pg/mL ±1 263 en cas de fibrose hépatique.

Dans les ScS, les taux de CXCL4 étaient corrélés à l'extension de la fibrose cutanée. En cas de taux de CXCL4 >10 ng/mL, la fibrose pulmonaire était d'apparition plus précoce, marquée par la baisse d'au moins 30 % de la capacité vitale ou par la présence d'une fibrose bilatérale au scanner pulmonaire (HR 2,6, IC 95 % 1,61 à 5,26 ; p<0,001).

Les malades atteints de sclérodermie systémique souffrant d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) avaient une augmentation significative des niveaux sériques de CXCL4 par rapport à ceux sans HTAP (19 078 ± 629 vs 5 023 ± 329 pg/ml ; p<0,001).

79 patients ayant des taux élevés de CXCL4 au départ, ont été étudiés prospectivement sur 18 mois : ils ont eu une diminution plus rapide de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (p=0,002), une plus forte prévalence de fibrose pulmonaire au scanner (22 % vs 8 % p <0,001) et une progression plus rapide de la fibrose cutanée (p <0,001).

CXCL4 pourrait donc être utilisé comme marqueur de fibrose pulmonaire et d'HTAP et aider utilement au diagnostic précoce de la sclérodermie systémique.

D'après un communiqué du JIM et van Bon L et coll. : Proteome-wide Analysis and CXCL4 as a Biomarker in Systemic Sclerosis. New Engl J Med., 2013 ; publication avancée en ligne le 18 décembre. DOI: 10.1056/NEJMoa1114576

La rédaction