Benoît Vallet se mobilise pour la vaccination

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Benoît Vallet, nouveau directeur général de la santé, souhaite renforcer la couverture vaccinale en France, notamment celle contre les papillomavirus humains (HPV), a-t-il déclaré, lors d'un point presse organisé le 5 décembre dans les locaux de la direction générale de la santé (DGS).

L'une des principales raisons qui l'ont conduit à accepter ce poste, était de travailler au « grand chantier » de la stratégie nationale de santé, a-t-il confié à l’Agence de presse médicale. « Depuis deux ans, j'ai mené des travaux pour le ministère de la santé au titre de la conférence des présidents de CME [commission médicale d'établissement], notamment sur le pacte de confiance, le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM) et la Commission de révision de la tarification hospitalière », a expliqué l'ancien président de la CME du CHU de Lille.

La DGS participe à l'élaboration de la stratégie nationale de santé (SNS), en particulier sur les dossiers ‘éducation à la santé’, ‘prévention’, ‘bon usage des médicaments’ et ‘recherche en santé publique’. Ce dernier point a été soulevé par Benoît Vallet qui souhaite cette recherche plus transversale et facilitée par des appels d'offres. La réorganisation du dispositif des vigilances constituera le deuxième « chantier » de la DGS pour les mois à venir.

Sa première conférence, organisée mercredi, portait sur la vaccination en général, et celle contre les HPV en particulier. La vaccination tient une part importante du chapitre prévention de la SNS, a rappelé Marie-Christine Favrot, son adjointe, professeure en cancérologie. « Nous sommes dans une logique négative vis-à-vis de cette vaccination et on oublie les services qu'elle rend », a indiqué Benoît Vallet. En termes d'adhésion, le DGS a rappelé que la France s'illustrait parmi « les très mauvais élèves » avec un taux de couverture vaccinale de 30 %. « Il nous appartient de donner au public la perception que la vaccination est essentielle », a-t-il affirmé.

Souhaitant comprendre les rejets et les doutes relatifs à la vaccination, le DGS s'était entouré, à cette occasion, de Jean-François Delfraissy, directeur de l'Institut de microbiologie et des maladies infectieuses dont dépend le réseau Corevac (Consortium de recherches vaccinales), par ailleurs directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS).

Elargir la couverture vaccinale

Pour élargir la couverture vaccinale, plusieurs pistes sont évaluées dans le cadre de la SNS. Elles portent notamment sur le niveau de remboursement, les professionnels habilités à vacciner, mais aussi la vaccination scolaire. En Australie et au Royaume-Uni, deux des trois pays qui affichent les meilleurs taux de couverture vaccinale au monde (de l'ordre de 80 %), la vaccination contre les HPV est organisée à l'école. Au Portugal, le haut niveau de protection vaccinale s'explique du fait d'une autorisation des pharmaciens à pratiquer cet acte, a indiqué le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations (CTV) du Haut conseil de la santé publique (HCSP).

Des premiers bénéfices cliniques de la vaccination anti-HPV ont déjà été rapportés, a souligné le Pr Isabelle Heard, gynécologue obstétricienne à l'hôpital Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris) et directrice du Centre national de référence des HPV (Institut Pasteur). Les données australiennes montrent une réduction massive de l'incidence des condylomes et des lésions précancéreuses et, en Grande-Bretagne, une chute drastique de la circulation des HPV 16 et 18 a été observée, a-t-elle expliquée. Elle a tout de même rappelé l’importance d’un dépistage régulier par frottis cervico-utérin.

La coexistence de ces deux moyens de prévention tels qu'ils sont recommandés actuellement pourrait être transitoire, indique Benoît Vallet.« Si la vaccination porte ses fruits, les règles de dépistage pourraient évoluer », a-t-il avancé.

Le HCSP devrait présenter ses préconisations pour la stratégie nationale de santé mercredi 11 décembre lors d'un séminaire organisé au ministère de la santé.

D'après l'APM

La rédaction