Un nouveau biomarqueur pour détecter les patients greffés susceptibles d'avoir la maladie du greffon contre l'hôte

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Crédit photo : ©Reddy and Ferrara-Wikimedia Commons>

Un biomarqueur accessible par une simple prise de sang pourrait être utilisé pour prédire quels patients ont le plus de risque de développer la maladie du greffon lors d’une greffe de cellules souches, selon un article publié le 8 août 2013, dans le New England Journal of Medicine (NEJM.

Complication majeure fréquemment observée au décours des greffes de moelle osseuse, la réaction du greffon contre l’hôte, désignée par l’abréviation GVHD pour graft versus host disease, résulte de l’attaque du receveur par les lymphocytes du donneur.

Cette maladie ne survient que lorsque le donneur et le receveur sont incompatibles, et que le receveur est profondément immunodéprimé. Si le greffon contient encore des lymphocytes T, le receveur se trouve alors incapable de rejeter une greffe allogénique en raison du déficit immunitaire consécutif soit à la maladie soit à l’immunosuppression induite par les traitements ou des deux à la fois.

Les scientifiques, qui collaborent avec le Melvin and Bren Simon Cancer Center de l’université de l’Indiana (Indianapolis, IN, USA), ont collecté entre 2000 et 2010 des échantillons de plasma chez des patients ayant subi une transplantation de cellules souches hématopoïétiques allogéniques. Ils ont comparé 12 biomarqueurs dans le plasma, obtenus en médiane 16 jours après le début du traitement, chez 10 patients présentant une réponse complète 28 jours après le début de la thérapie et chez 10 patients atteints de GVHD progressive au cours du traitement.

Le taux de suppresseur de tumorigénicité 2 (ST2), a été mesuré au début du traitement de la GVHD dans le plasma de 381 patients pendant le premier mois après la transplantation. Grâce à trois ensembles indépendants totalisant 673 patients, les chercheurs ont tenté de déterminer l'association de ce biomarqueur avec traitement de la GVHD et la mortalité à six mois après le traitement ou la transplantation. Les chercheurs ont découvert que les patients ayant un niveau élevé de la protéine ST2 étaient deux fois plus susceptibles d'avoir la maladie du greffon contre l'hôte résistant à un traitement standard avec des stéroïdes, et près de quatre fois plus susceptibles de mourir dans les six mois suivant la transplantation.

Sophie Paczesny, auteur principal, explique dans son étude : « Ce que nous avons trouvé de particulièrement significatif, c'est que ce marqueur était un meilleur prédicteur de la sévérité clinique de la maladie, une fois diagnostiquée. Ce test sanguin, qui est actuellement disponible pour les cliniciens, permettra aux cliniciens d'ajuster la thérapie au degré de risque plutôt que de traiter tous les patients de la même façon ».

Les auteurs recommandent une identification précoce des patients peu susceptibles de répondre aux traitements standards afin de permettre aux médecins d'envisager des thérapies complémentaires et une intervention précoce. De grandes études prospectives sont nécessaires afin de mieux définir les niveaux de risque que prédit le marqueur ST2.

Source : NEJM

La rédaction