VIH : intensifier le dépistage

Prévention et dépistage

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Alors que l’expérimentation « Au labo sans ordo », qui permet le dépistage du VIH dans les laboratoires de ville sans ordonnance et sans avance de frais est généralisée depuis janvier 2022, plusieurs acteurs insistent sur l’importance de ce dépistage.

« Nous faisons deux constats inquiétants : la baisse du nombre de dépistage VIH enregistré en France entre 2019 et 2021 et les découvertes de séropositivité à des stades de plus en plus avancés » déplorent le laboratoire de biologie médicale SYNLAB Provence, la Caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône et l’association « Vers Marseille sans SIDA et sans Hépatites ». Ainsi, ces trois acteurs s’associent dans un communiqué daté du 07 juin 2022 pour « porter d’une seule voix la nécessité de se faire dépister ». D’autant plus que ce dépistage est dorénavant possible dans les laboratoires de ville sans ordonnance et sans avance de frais avec l’expérimentation « Au labo sans ordo », généralisée depuis janvier 2022. « A l’échelle de notre structure couvrant 3 départements (le 13, 84, 04) nous sommes passés de 50 850 tests en 2019 à 42 270 tests en 2021 soit une diminution de près de 17 % des dépistages réalisés, à périmètre constant » constate le Dr Thierry Bensaid, directeur médical SYNLAB Provence. De fait, selon les chiffres publiés par Santé publique France à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre 2021 Le nombre de découverte de séropositivité VIH en 2020 a diminué de 22% par rapport à 2019, du fait de la pandémie. « Dans un contexte de crise sanitaire, qui a diminué de manière importante le nombre de tests réalisés, beaucoup de personnes porteuses de l’infection ne connaissent pas leur statut sérologique et sont dépistées à un stade parfois avancé. Or, nous le savons, un dépistage précoce permet de bénéficier d'un traitement d'autant plus efficace contre l’infection qu'il est commencé tôt » précise Gérard Bertuccelli,directeur général de la CPCAM 13. L’association « Vers Marseille sans SIDA et sans Hépatites » a été créée à l’occasion de l’Afravih qui s’est tenue à Marseille du 6 au 9 avril 2022. Son objectif est de collecter des fonds afin de financer des actions pour lutter contre les contaminations par le VIH et les hépatites sur Marseille. « Les outils à notre disposition sont désormais multiples et il faut absolument renforcer le dépistage (du VIH et des hépatites) qui est la première marche de cette stratégie qui doit nous amener à faire reculer dans notre ville ces infections » témoigne le Dr Michel Bourrelly, président de l’association.
Par ailleurs le réseau Biogroup organise une journée nationale dédiée à la prévention et au dépistage du VIH en partenariat avec l’association AIDES, le vendredi 10 juin 2022 dans l’ensemble de ses 910 laboratoires. Le réseau accompagne l’évènement #fetelamour porté par l’association AIDESdu 10 au 20 juin 2022. « On en parle moins, et pourtant. Le VIH reste un virus très dangereux, qui circule activement et peut toucher tout le monde. Le dépistage est primordial pour y faire face, et son accès est aujourd’hui facilité » rappelle leDr Sophie Levy-Chalmin, biologiste médicale et directrice générale Laborizon Maine Anjou – Biogroup.

N.B-S.