Cibles de la dose de rappel élargies

Covid-19

Courtney Hale-istock

Au-delà des personnes à risque de faire une forme grave de Covid-19, la HAS recommande de procéder à une troisième dose de rappel pour l’ensemble des professionnels accompagnant les personnes vulnérables.

Dès fin août, la Haute autorité de santé (HAS) recommandait l'administration d'une dose de rappel pour les personnes de plus de 65 ans et les plus à risque de faire une forme sévère de la maladie.
En effet, il est nécessaire de renforcer la protection vaccinale des populations les plus exposées au virus mais aussi de celles susceptibles de transmettre la maladie aux personnes étant à leur contact, en particulier si celles-ci sont à risque de faire une forme sévère de Covid-19 ou d'en mourir. En dépit des précautions prises, on observe toujours un nombre significatif d'infections par le SARS-CoV-2 en établissement (de soins ou d'hébergement pour personnes âgées dépendantes).
A la suite de l'avis favorable de l'Agence européenne du médicament (EMA) pour l'utilisation du vaccin Comirnaty de Pfizer en rappel, l’instance française recommande d'étendre le rappel à l'ensemble des professionnels qui prennent en charge ces personnes vulnérables (soignants, transports sanitaires et professionnels du secteur médico-social). Cela représente environ 3,5 millions de personnes.
Elle préconise également de le proposer à l'entourage adulte des personnes immunodéprimées (entre 350 000 et 400 000 personnes d'après les estimations du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale - COSV).
Ces profils s’ajoutent à ceux initialement ciblés pour l'administration d'une dose de rappel de vaccin contre la Covid-19 : les personnes de 65 ans et plus et celles présentant des comorbidités, chez qui le rappel est justifié du fait d'une baisse dans le temps de la protection vaccinale et de leur risque accru de faire une forme grave de la maladie.
La dose de rappel est injectée six mois après la fin du premier schéma vaccinal. En ce qui concerne les personnes primovaccinées avec le vaccin Janssen, la HAS recommande que la dose de rappel avec un vaccin à ARNm soit administrée à partir de 4 semaines après la première injection
Cette dose de rappel doit se faire par un vaccin à ARNm, quel que soit le vaccin utilisé au départ. Le vaccin Comirnaty (Pfizer) dispose d'une extension d'AMM et celle du vaccin Spikevax (Moderna) est en cours d'examen à l'EMA (dose complète et/ou demi-dose) et devrait être rendue dans les prochaines semaines.
Le communiqué de la HAS précise que «  l'amélioration de la situation sanitaire et les données encore limitées sur les conséquences d'un déclin de l'efficacité vaccinale au cours du temps chez le jeune adulte sans comorbidité ne justifient pas à ce stade de recommander l'administration d'une dose supplémentaire en population générale ». Il souligne toutefois que « l'administration d'une dose de rappel deviendra probablement nécessaire au cours des mois qui viennent » ce qui conduira la HAS à revoir ses recommandations dès que des données nouvelles le justifieront.

J.S.