Stratégie vaccinale : Moderna vient s’ajouter à l’arsenal

Covid-19

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©Ridofranz-istock


Comme attendu, la Haute Autorité de santé a défini, vendredi 8 janvier, la place du vaccin de Moderna dans la stratégie vaccinale française. Moins contraignant sur le plan logistique et venant s’ajouter au vaccin Cominarty déjà autorisé, il devrait permettre d’accélérer et faciliter la vaccination des Français.

Après le Comirnaty de Pfizer et BioNTech, un deuxième vaccin à ARNm contre la covid-19 a obtenu son autorisation européenne de mise sur le marché (AMM) le 6 janvier. Comme celui du Pfizer-BioNTech, « l’efficacité du vaccin [de Moderna] est avérée pour diminuer drastiquement le nombre de cas symptomatiques de la Covid-19, explique la HAS, mais, il manque encore les données nécessaires pour conclure sur un effet sur la transmission du virus ». Le produit de Moderna est cependant moins contraignant que le premier sur le plan logistique : « il peut être stocké dans des congélateurs classiques […] et être utilisé pendant 30 jours après décongélation s’il est conservé entre 2° et 8°C ». Il se présente en flacons de 10 doses et ne demande pas de dilution. Dernière nuance : le Moderna dispose d’une AMM pour les 18 ans contre 16 ans pour la solution de Pfizer-BioNtech. Outre l’âge du patient, le choix entre les deux vaccins se fera donc essentiellement en fonction de leur disponibilité et des moyens logistiques. La HAS recommande toutefois d’administrer le même vaccin en première et seconde dose.
Concernant les conditions de la vaccination, les recommandations de la HAS restent inchangés. Elle doit être pratiquée par un médecin ou par un infirmier sous la supervision d’un médecin. « Un élargissement des compétences vaccinales des pharmaciens et des infirmiers pourrait être envisagé, notamment lorsque le recul sur les vaccins sera suffisant et que le nombre de doses et le type de vaccins permettront de diversifier les lieux de vaccination », détaille l’Autorité, sans mentionner les biologistes médicaux.
Rappelons que les personnes concernées par cette première étape de la campagne de vaccination sont pour l’instant les personnes âgées résidant en Ehpad, les personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés et les professionnels des secteurs de la santé et du médico-social, les pompiers et les aides à domicile âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités. Les personnes de plus de 75 ans hors Ehpad devraient pouvoir se faire vacciner à partir du 18 janvier, a annoncé le Premier ministre le 8 janvier.
Au 9 janvier 2021, 93 000 personnes auraient été vaccinées en France (+ 13 000 en 24 h), soit 0,14 % de la population, contre près de 21 % en Israël, 1,94 % au Royaume-Uni (au 3 janvier) ou encore 1,06 % en Italie (au 10 janvier)[1]. L'objectif reste de vacciner 1 million de Français d'ici fin janvier, projette le ministère de la Santé.



[1]Source : Covid Tracker. https://covidtracker.fr/vaccintracker/

Valérie Devillaine