La prévalence de l’infection au SRAS-CoV-2 sous-estimée

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Les premiers résultats de l’étude Curie-O-SA lancée en mai 2020 et menée auprès de 1 847 collaborateurs volontaires de l’Institut Curie révèlent une forte prévalence de l’immunisation mais des réponses immunitaires plutôt brèves.

Surveiller la propagation du virus SRAS-CoV-2 et comprendre l’évolution de la séroprévalence dans une population représentative d'adultes actifs en bonne santé franciliens, suite à la première vague de l’épidémie étaient les objectifs de cette étude, réalisée en collaboration avec l’institut Pasteur. « Au sein des équipes de l’Institut Pasteur et en collaboration avec le laboratoire commun Pasteur – Theravectys, nous avons développé les méthodes sensibles de très haut débit LuLISA (Luciferase-linked immuno-sorbent assay) et PNT (Pseudo-Neutralization Test) pour quantifier la réponse en anticorps et son activité neutralisante chez les personnes infectées par le SRAS-CoV-2», explique Thierry Rose, chercheur au sein del’unité de Biologie cellulaire des lymphocytes à l’Institut Pasteur.

Au total, 11% des 1847 sérums analysés (prélevés entre mai et juillet 2020) contenaient des anticorps contre le virus SRAS-CoV-2. Parmi les individus positifs, 21 % étaient asymptomatiques. Cependant, 30% des personnes ayant perdu le goût et l’odorat, ainsi que d’autres symptômes de la Covid-19 au pic de l’épidémie se sont révélées séronégatives. « Ce résultat suggère que la prévalence réelle de l'infection pourrait avoir atteint 16,6% » indique l’Institut Curie. De plus, dans les sérums obtenus 4 à 8 semaines après le premier prélèvement, les analyses ont mis en évidence que la durée de demi-vie n’était que de 4 semaines, ce pourrait entraîner une sous-estimation de la prévalence réelle de l'infection dans les études rétrospectives. Enfin, dans 5% des cas, une infection prouvée par un test RT-PCR ne conduit pas à la production d’anticorps.
 
Cette étude est publiée dans le numéro de janvier 2021 de l’European Journal of Immunology, et est prolongée pendant un an, afin de suivre l’évolution de la séroprévalence au cours et après la seconde vague épidémique d’octobre/novembre.

NBS