La stratégie de la HAS pour les tests antigéniques

Covid-19

Oleksandr Hruts-iStock

Après avoir rendu son avis sur la performance des tests antigéniques, la Haute autorité de santé (HAS) définit la stratégie à adopter pour la détection du virus via ces tests.

Le 25 septembre, l’institution émettait un avis favorable à l’utilisation des tests antigéniques, tout en rappelant que le test RT-PCR sur prélèvement naso-pharyngé reste le test de référence, précisant les critères requis pour les tests antigéniques, à savoir une sensibilité minimale supérieure à 80% (pour éviter les faux négatifs) et une spécificité minimale supérieure à 99% (pour écarter d’autres virus respiratoires saisonniers).
Le but des tests antigéniques, du fait de la rapidité d’obtention des résultats (moins de 30 minutes), est de dépister davantage de personnes et plus vite, et ce afin de casser les chaines de contamination au plus tôt.
Les tests antigéniques, qui se sont révélés plus performants chez les patients symptomatiques que chez les asymptomatiques, sont recommandés lorsque le résultat du test RT-PCR ne peut être obtenu dans un délai de 48 heures. Ils peuvent être pratiqués entre le 1er et le 4ème jour inclus après le début des symptômes et la HAS estime qu’il faut alors distinguer, dans la stratégie, deux cas distincts : les patients ne présentant pas de facteurs de risque de forme graves et ceux en présentant. Ainsi, si, dans les deux cas, un résultat positif est considéré comme fiable et n’a donc pas besoin d’être confirmé, un résultat négatif doit en revanche être confirmé par un test RT-PCR sur prélèvement naso-pharyngé dans le cas des patients symptomatiques à risque de forme grave. En effet, les faux-négatifs sont possibles, s’expliquant par une charge virale basse, à côté de laquelle il ne faut pas passer en cas de risque de forme grave. En l’absence de facteur de risque, du fait d’une charge virale basse et donc d’un plus faible taux de contamination, il n’est pas nécessaire de confirmer le résultat.
Autre situation dans laquelle le test antigénique trouve également sa place : les personnes asymptomatiques lorsque le risque d’infection est plus important qu’en population générale, notamment dans les universités ou les abattoirs. Le but est alors de « débusquer des clusters » éventuels. Les « personnes-contacts asymptomatiques identifiées isolément ou au sein d’un cluster » ne sont pour le moment pas ciblées pour l’utilisation des tests antigéniques. Ces derniers, qui devraient être accessibles rapidement, seront disponibles dans les laboratoires de biologie médicale sous forme d’un TDR (Test Diagnostic Rapide) et dans les cabinets médicaux, pharmacies, chez les infirmiers… sous forme de Trod (Test Rapide d’Orientation Diagnostique).
A venir la semaine prochaine : l’avis de la HAS sur les tests multiplex qui permettent de détecter plusieurs virus en même temps : Sars-CoV-2, grippe et autres virus saisonniers.

PJ