Avis de la HAS sur les tests sérologiques rapides

Covid-19

©Ilze Kalve-istock

La HAS publie le 18 mai son avis sur les indications d’utilisation des tests sérologiques rapides dans lutte contre le COVID-19. Contrairement aux TDR et aux TRODs, le recours aux autotests apparait encore prématuré.

Cet avis constitue le troisième volet de la définition de la place des tests sérologiques dans la prise en charge de la maladie COVID-19 suite à la saisine ministérielle du 11 avril 2020, suite au cahier des charges détaillant les critères de qualité et d’exigence de la HAS vis-à-vis des tests sérologiques afin de faciliter leur développement et leur évaluation et de l’avis décrivant la stratégie d’utilisation des tests sérologiques ELISA.
Les TDR (tests diagnostiques rapides), étant réalisés en laboratoire de biologie médicale, sont recommandés selon les mêmes indications que les tests automatisables ELISA (en diagnostic de rattrapage de patients symptomatiques, en cas de test virologique négatif mais de symptômes évocateurs de COVID-­19, et auprès des personnels soignants ou d’établissements d’hébergement collectif qui ont été en contact avec le virus et pour les enquêtes épidémiologiques).
Les TRODs (tests rapides d’orientation diagnostique) peuvent être réalisé par des professionnels de santé autre que biologiste médicaux (médecins, sages-femmes, infirmier(e)s, pharmaciens). Ils donnent une orientation diagnostique mais « ne peuvent se substituer aux examens de biologie médicale réalisés en laboratoire » insiste la HAS. Il est donc nécessaire de confirmer tous résultats de TROD positif par un test sérologique ELISA ou TDR. Ces tests sont recommandés dans un champ plus restreint que les TDR et tests automatisables : pour les personnels soignants et d’hébergement collectif et pour les patients symptomatiques sans signes de gravité s’ils présentent des difficultés d’accès à un laboratoire de biologie médicale, mais pas à l’hôpital.
Enfin, les autotests, étant réalisés par le patient lui-même, les incertitudes sur leurs modalités d’utilisation en vie réelle sont trop fortes (fiabilité, lecture et interprétation). La HAS estime donc qu’il est prématuré de les recommander en pratique à ce stade.
La HAS rappelle que « dans l’état actuel des connaissances, ces tests n’ont pas encore de place dans l'identification des personnes protégées contre le virus ». Un guide d’utilisation à l’attention des professionnels de santé est en cours d’élaboration avec les généralistes, et définira les conditions d’utilisation et surtout d’interprétation de ces tests.

NBS