Une étude pilote pour évaluer plusieurs tests de laboratoire

Covid-19

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Afin de mieux comprendre le profil de réponses en anticorps contre le SARS-CoV-2 et la propagation du virus dans la population, une étude pilote* a été réalisée par des chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS, de l’Inserm et d’Université de Paris.

Quatre tests de détection d’anticorps anti SARS-CoV-2 et deux tests de détection d’anticorps neutralisants ont été développés et évalués. « Ces tests, dits de laboratoire, sont une première étape pour les études épidémiologiques sur COVID-19 » indique l’Institut Pasteur dans un communiqué. Pour établir la sensibilité des tests, et étudier les cinétiques d’apparition des anticorps, leschercheurs ont travaillé sur échantillons de 51 patients positifs au COVID-19 avec des formes sévères ou critiques, provenant de l’hôpital Bichat (Paris). Les échantillons de 209 individus présentant des symptômes légers (fièvre ou toux) prélevés dans le département de l’Oise les 3 et 4 mars 2020, de 200 donneurs de sang de l'Oise, asymptomatiques et prélevés entre le 20 et le 24 mars 2020, ainsi que de 400 individus pré-épidémiques (2017-2019), servant d’échantillons de comparaison ont également été étudiés.  Au total, la séropositivité a été détectée chez 32% des individus ayant présenté des signes légers compatibles avec COVID-19 dans les 15 jours précédant les prélèvements et chez 3 % des personnes asymptomatiques, ayant donné leur sang.  Chez les personnes hospitalisées atteintes de COVID-19. Les anticorps apparaissent dès 5-6 jours après les premiers symptômes et possèdent une activité neutralisante dès 7-14 jours. « Ce délai est probablement plus long chez les personnes pauci-symptomatiques (avec peu de symptômes) ou asymptomatiques (aucun symptôme), et les titres (concentration) d’anticorps plus faibles » précise l’Institut Pasteur.

Les équipes de recherche ont conçu quatre tests de laboratoire pour évaluer les niveaux d'anticorps anti-SARS-CoV-2 dans le sérum humain : deux tests ELISA utilisant comme antigènes cibles la protéine N entière du SARS-CoV-2 (ELISA N) ou le domaine extracellulaire du spicule du virus (S) ; un test S-Flow, qui détecte la protéine du spicule du SARS-Cov-2 dans sa conformation naturelle, à la surface de la cellule ; un tests LIPS dit « d’immunoprécipitation », qui détecte les anticorps se fixant sur les protéines N ou S du SARS-Cov-2 ou leurs sous-domaines. Les performances des quatre tests sont satisfaisantes, avec des différences de sensibilité en fonction des tests et des antigènes visés. Deux tests dédiés à la recherche d’anticorps neutralisants dans le sérum des personnes infectées ont également été développés. Un test de neutralisation avec le virus SARS-CoV-2 infectieux, qui nécessite une manipulation en laboratoire P3 et un le test séro-neutralisation appelé Lenti S, avec pseudovirus non infectieux. Ce dernier est « simple et robuste » mais il nécessite un équipement de culture cellulaire et des machines spéciales. « Ces tests servent à détecter la séroprévalence dans des études épidémiologiques et aussi à réaliser des diagnostics individuels. Ils sont également très utiles pour caractériser complètement des panels de sérums lors de l’évaluation des tests commerciaux » soulignent Marc Eloit, Hugo Mouquet, Olivier Schwartz et Sylvie van der Werf, co-auteurs de cette étude.

*SARS-CoV-2 serological analysis of COVID-19 hospitalized patients, pauci-symptomatic individuals and blood donors, MedRxiv, 24 avril 2020

 

NBS