Le test de détection par RT-PCR du Sars-CoV-2 inscrit au remboursement

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L’arrêté inscrivant la détection du génome du SARS-Cov-2 par RT PCR sur la liste des actes et prestations remboursables par l'Assurance maladie a été publiée au Journal officiel du dimanche 8 mars et entre en vigueur immédiatement.

Cet arrêté repose sur l’avis de la Haute autorité de santé (HAS) daté du 6 mars, favorable à l'inscription au remboursement « de la détection du génome du coronavirus SARS-CoV-2 par technique de transcription inverse suivie d’une amplification ». Ce test pourra être réalisé sur les patients susceptibles d’être contaminés, sur prescription médicale. « Seule la technique de transcription inverse suivie d’une amplification réalisée sur un écouvillonnage nasopharyngé est recommandée » précise l’avis. Ces prélèvements nasopharyngés profonds par écouvillonnage ou des prélèvements des voies respiratoires basses (crachats, lavage bronchoalvéolaire) pourront être réalisés « le cas échéant au domicile du patient par un professionnel de santé autorisé (notamment médecin, biologiste médical, infirmière diplômée d’Etat) et portant les équipements de protection individuelle recommandés », avant d’être envoyés au laboratoire de sécurité biologique niveau 2.
Le SJBM (syndicat des jeunes biologistes médicaux) indique dans un communiqué être « ravi de cette décision qui permettra aux biologistes médicaux de ville de participer à l’effort collectif de santé publique en complément de nos confrères hospitaliers. Cette décision nous l’espérons permettra un diagnostic rapide et une correcte prise en charge des patients infectés par le SARS-CoV-2, chez les patients ambulatoires ». Mais malgré ces avancées, « les conditions sanitaires ne sont pas encore remplies pour que les laboratoires médicaux de ville puissent prendre en charge les patients suspectés de Covid-19 » souligne le SDB (Syndicat des biologistes). En effet, le communiqué pointe l’absence de masques de protection FFP2 pour les biologistes médicaux et leurs équipes, et l’impossibilité pour beaucoup de laboratoires de ville d’isoler les patients à risque. « En l’absence de ces prérequis recevoir des patients susceptibles d’être contaminés dans les laboratoires de ville mettrait en danger les autres patients et les personnels et ne ferait qu’affaiblir le système de santé. Ce n’est pas que l’on ne veut pas, mais qu’n ne peux pas » déplore François Blanchecotte, président du SDB. « Il nous faut des masques et le prélèvement doit être fait à domicile » approuve Lionel Barrand, président du SJBM.
Pour le moment, chaque ARS (agence régionale de santé) s’organise au niveau régional. Dans le Haut-Rhin, « nous ferons dès lundi des prélèvements à domicile, en ciblant en priorité les professionnels de santé malades » témoigne Lionel Barrand, président du SJBM. « Notre objectif est de désengorger les urgences, en se coordonnant avec les ARS et les professionnels de santé » précise-t-il.

NBS