Consommation d’antibiotiques en ville : des évolutions encourageantes

Antibiorésistance

©Savushkin-istock

À l’occasion de la journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques qui s’inscrit dans la semaine mondiale sur le même thème, du 18 au 22 novembre, Santé publique France publie - en collaboration avec l’ANSM, l’Anses et l’Assurance Maladie – une synthèse sur l’antibiorésistance et sa prévention en France

En 2018, 728 tonnes d’antibiotiques destinés à la santé humaine et 471 tonnes d’antibiotiques pour la santé animale ont été vendus en France. En santé humaine, 93 % des antibiotiques sont dispensés en médecine de ville et 7 % en établissements de santé ; parmi ceux dispensés en ville, 13 % relèvent d’une prescription hospitalière. En santé animale, 95 % des antibiotiques sont administrés à des animaux destinés à la consommation humaine et 5 % à des animaux de compagnie. Deux indicateurs (nombre de doses définies journalières (DDJ) rapporté à 1000 habitants et par jour et nombre de prescriptions) publiés par Santé Publique France via la plateforme Géodes donnent une vision précise de la consommation d’antibiotique en ville par famille d’antibiotiques, territoire et tranche d’âge sur la période allant de 2009 à 2018. Par ailleurs, les données concernant la surveillance de la résistance aux antibiotiques en soins de ville et en établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) fournis par la mission nationale Primo sont publiés pour la première fois par Santé publique France.

En 2018, la consommation globale des antibiotiques en secteur de ville exprimée en DDJ se stabilise après une hausse entre 2014 et 2016. Elle est estimée en 2018 à 22,5 doses ou 2,38 prescriptions pour 1000 habitants et par jour. En cohérence avec les recommandations de bonne pratique, on observe une évolution des types d’antibiotiques prescrits, avec une augmentation de la consommation des bêta-lactamines (pénicillines à large spectre dont l’amoxicilline), devenus les antibiotiques les plus consommés en 2018, et une diminution de la consommation de fluoroquinolones (antibiotiques plus fortement générateurs de résistance). Entre 2009 et 2018, une diminution de la consommation chez les jeunes et une augmentation de la consommation à partir de 65 ans quelque soit l’indicateur. Une baisse de de la résistance de la bactérie E. coli aux céphalosporines de troisième génération (C3G) en ville comme en Ehpad, et une baisse en Ehpad (mais stabilité en ville) de la résistance aux fluoroquinolones sont observés. Si ces résultats sont encourageants, il est à noter que « la consommation des antibiotiques en France demeure encore en 2018 environ 30% supérieure à la moyenne européenne ».
 

NBS

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