Mieux évaluer le risque de cancer du col de l’utérus

Dépistage

©Chinnapong-istock

Une nouvelle approche diagnostique « double », capable non seulement de déterminer le type HPV, mais également d’identifier les marqueurs précancéreux a été présentée par des chercheurs de l’Institut Pasteur dans The Journal of Molecular Diagnostics.

Ce nouveau test, le HPV RNA-Seq permettrait un meilleur diagnostique des stades précancéreux les plus à risque, d’obtenir des résultats rapides à faible coût et d’éviter les actes diagnostiques inutiles. En effet, pour la détection de l’infection par les HPV, les résultats sont au moins comparables à ceux d’un kit de diagnostic moléculaire d’ADN de HPV homologué. Le HPV RNA-Seq a révélé une sensibilité de 97,3 % et une valeur prédictive négative de 93,8 %. De plus, les chercheurs ont découvert des marqueurs de cytologie de haut grade, avec des performances diagnostiques encourageantes du HPV RNA-Seq comme test de triage des patientes atteintes de HPV. Ce test serait donc susceptible d’éviter des colposcopies inutiles chez certaines patientes.
 
 « Ce test unique en son genre allie les avantages des analyses moléculaires (typage des HPV) à ceux de la cytologie cervicale (phénotypage des cellules) », détaille Marc Eloit, chercheur principal et docteur en médecine vétérinaire et en sciences au sein du laboratoire de découverte de pathogènes de l’unité Biologie des infections de l’Institut Pasteur, à Paris, et de l’École nationale vétérinaire d’Alfort de l’Université Paris-Est, à Maisons-Alfort (France). Le HPV RNA-Seq s’appuie sur l’association de la transcription inverse suivie de PCR à (RT-PCR) multiplexée et du séquençage de nouvelle génération (NGS). Associées, ces méthodes sont en mesure de déceler, dans un échantillon, jusqu’à 16 HPV à haut risque ou supposés à haut risque, ainsi que la présence de marqueurs précancéreux. Le chercheur prédit l’utilisation future de la technologie pour l’analyse simultanée de nombreux échantillons, ramenant le coût d’un test à 10-20 $. Le HPV RNA-Seq pourrait également servir au dépistage d’autres cancers associés aux HPV, comme ceux de l’anus et de la tête ou du cou.
 

Quelle prévention ?
Ce cancer est à l’origine de près de 3 000 nouveaux cas par an et de 1 100 décès. L’Institut national du cancer, en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé, mène une campagne de sensibilisation à destination des professionnels de santé sur les modalités de prévention du cancer du col de l’utérus. Deux stratégies de prévention complémentaires sont préconisées : la vaccination contre les HPV des jeunes filles dès 11 ans et le dépistage régulier des femmes de 25 à 65 ans. Aujourd’hui, la couverture vaccinale et le taux de participation au dépistage des populations cibles demeurent faibles. 40 % des femmes ne se font pas ou pas régulièrement dépister, et, en 2018, avec, en 2018 seules 23,7 % des jeunes filles de 16 ans étaient vaccinées.

Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 17 septembre, édité par Santé publique France, est consacré à la prévention du cancer du col de l’utérus.

NBS

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