Grève des LBM dans l’attente des négociations avec la Cnam

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©Richard Villalonundefined undefined-istock

Les syndicats des biologistes libéraux associés à l’APBM préparent une grève des laboratoires de biologie médicale, tous les après-midis du 23 septembre au 1er octobre inclus, reconductible en fonction de l’avancée des négociations avec l’Assurance maladie.

« Nous appelons à la fermeture des laboratoires de biologie médicale (LBM) tous les après-midis du 23 septembre au 1er octobre » annonce Thierry Bouchet, vice-président du SLBC (syndicat des laboratoires de biologie clinique), lors d’une conférence de presse rassemblant les syndicats des biologistes libéraux associés à l’APBM (Association pour le progrès de biologie médicale) le mardi 17 septembre. Cette décision de grève nationale fait suite à la réunion des syndicats avec la Cnam du 11 septembre. « Malgré quelques avancées, les propositions de la Cnam ne nous satisfont pas » déclare François Blanchecotte, président du SDB (syndicat des biologistes). « 170 millions d’économies en 2020 sur les dépenses de biologie médicale est un montant déconnecté de tout réalisme médico-économique » s’emportent les représentants des syndicats des biologistes libéraux (SDB, SNMB, SLBC, SJBM) et de l’APBM qui comptent sur des avancées dès la prochaine réunion avec la Cnam le 1er octobre.

« Depuis dix ans, les biologistes médicaux ont fait beaucoup d’efforts, notamment via la consolidation et l’accréditation pour faire face à la pression financière. Mais nous sommes arrivés au bout des possibilités de rationalisation » détaille Etienne Coëlle, vice-président de l’APBM. « Nous avons quasiment divisé par 10 le nombre de structures biologiques en France en dix ans et fait un milliard d’économies cumulées ! » précise-t-il. La biologie médicale c’est « 500 000 patients par jour, 4 000 sites, 452 SEL (sociétés d’exercice libéral), 70% des diagnostics et 1,8% des dépenses médicales de santé » chiffre Jean-Claude Azoulay, vice-président du SNMB (syndicat national des médecins biologistes), avant de souligner le rôle essentiel de la profession dans la prévention, l’évaluation des risques, la permanence des soins… Les représentants des syndicats indiquent que les dépenses sont nécessairement vouées à augmenter, du fait de l’allongement de la durée de vie, la désertification médicale, le transfert d’actes d’urgence vers le libéral, l’introduction de nouveaux examens…« Nous disposons d'un budget de 3,7 milliards d'euros, négocié en 2011, qui ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui » déplore François Blanchecotte.« Il y a un risque inacceptable de perte de chances pour le patient, notamment en zone rurale » prévient Jean-Claude Azoulay.

« Nous souhaitons une augmentation du budget équivalente à celle de l’ONDAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie), qui est fixé selon les années entre 2,3 et 2,5%, un remboursement des actes innovants. Et nous attendons des réponses de la ministre de la santé sur nos propositions de gestion des urgences » résume Lionel Barrand, président du SJBM (syndicat des jeunes biologistes médicaux). Et ce afin d’assurer « un accès aux soins optimal et de proximité, un fort investissement dans la prévention et de dépistage, et une biologie médicale innovante » précise-t-il. « Nous avons écrit à l’ensemble des députés, sénateurs et maires pour expliquer la situation » révèle François Blanchecotte.  « En addition à la grève, nous arrêterons de nous investir pour alimenter le DMP (dossier médical partagé) et nous gèlerons la totalité des audits Cofrac prévus » ajoute Thierry Bouchet. « Et si nous ne parvenons pas à un accord le 24 octobre, date de la dernière réunion de négociation du protocole d’accord avec l’Assurance maladie, nous fermerons les LBM plusieurs semaines en décembre, malgré les risques d’engorgement des services d’urgence en cette période de fin d’année ».

NBS

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