Zoom sur les laboratoires de biologie médicale libéraux, à travers les trois nouveaux baromètres de l’OMPL

Professions libérales

Biologiste infos
Crédit photo : OMPL

Jeudi 26 octobre, à l’Hôtel intercontinental de Marseille, l’Observatoire des métiers dans les professions libérales a mis en avant l’évolution de 13 branches professionnelles dans la région Paca et en France, grâce à ses trois nouveaux outils : les baromètres “entreprises”, “salariés” et “Paca”. Focus sur la branche des laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers.

Grâce aux données de la statistique publique (DADS, Enquête emploi) et d’Actalians, l’Observatoire des métiers dans les professions libérales (OMPL) a réalisé trois nouveaux baromètres (“entreprises”, “salariés” et “Paca”) permettant de suivre, sur le long terme et à différents niveaux territoriaux, l’évolution de 13 branches professionnelles affiliées aux secteurs cadre de vie-technique (architecture, géométrie…), juridique (administration et mandat judiciaires, cabinets d’avocats…) et santé (cabinets dentaires, pharmacie d’officine, laboratoires de biologie médicale…)

« Il vise ainsi à répondre à quatre objectifs, explique Stéphane Rapelli, économiste spécialiste des professions libérales, membre de l’OMPL : constituer une base de données sur les professions libérales qui était jusque-là inexistante, communiquer sur ces professions et leur donner des arguments de poids face aux institutions, informer les décideurs (employeurs, salariés, élus…) et susciter la réflexion (quel poids ont les professions libérales sur le PIB de la région ? Ont-elles tous les outils en main pour accroître leur activité ? Etc.) Grâce à ces baromètres, ajoute-t-il, chaque entreprise pourra connaître l’évolution de sa branche professionnelle aux niveaux régional et national. »

Situation des entreprises libérales et employeuses en France en 2015, dans la branche des laboratoires de biologie médicale extra hospitaliers

La branche des laboratoires de biologie médicale compte 815 entreprises employeuses en France en 2015, dont 2,45 % sont nouvelles. Elle se caractérise par une diminution importante du nombre d’entreprises employeuses par rapport à 2014 (- 16,07 %) et 2008 (- 69,1 %) qui, associée à d’autres indicateurs, démontre une profonde restructuration du tissu entrepreneurial.

En effet, des entreprises fusionnent et des établissements (les implantations physiques) voient leur nombre réajuster entre 2008 et 2015 ; le nombre d’entreprises générant 20 emplois ETP ou plus augmente (il passe de 17,9 % en 2008 à 57,5 % en 2015) alors que celui des entreprises générant un à deux emplois ETP diminue (il passe de 6,1 % en 2008 à 5,2 % en 2015). C’est un véritable bouleversement de la branche !

Même la répartition géographique des entreprises employeuses en France devient de plus en plus inégale : alors que l’Île-de-France accueille 21 % des structures employeuses, les régions Paca et Bourgogne-Franche-Comté abritent respectivement 10 à 14 % et moins de 5 % des entreprises. Nous assistons à une forte polarisation territoriale.

Situation des salariés au sein des entreprises libérales en 2014, dans la branche des laboratoires de biologie médicale extra hospitaliers

La région Paca concentre 9,64 % de l’emploi salarié lié aux laboratoires de biologie médicale. Elle se situe à la quatrième place, entre l’Occitanie et la Nouvelle Aquitaine, et comptabilise 4 422 salariés dans ces laboratoires (contre 8 288 en Île-de-France).

Parmi ces salariés, 89,21 % ont un contrat à durée indéterminée (cf. ci-dessous), 74,94 % travaillent à temps complet et 85,64 % sont des femmes, la représentativité masculine étant faible dans le secteur santé.

La représentativité des tranches d’âges est au contraire équitable dans les laboratoires de biologie médicale : leur équipe comprend autant de salariés jeunes (< 35 ans) que de salariés âgés de 35 à 49 ans ou séniors (50 ans et +). A titre de comparaison : la branche des cliniques vétérinaires comprend essentiellement des jeunes salariés.

C’est l’accès à la formation qui apporte son lot d’inégalités : 85,25 % des stagiaires sont des femmes, 67,97 % sont des professions intermédiaires. Les autres catégories professionnelles (employés, ingénieurs et cadres) constituent une minorité. Un constat surprenant, vu le grand nombre d’employés accédant à la formation dans les autres branches du secteur santé (cabinets dentaires, pharmacie d’officine…)

Qualité de vie au travail des salariés employés dans les entreprises libérales en 2014, dans le secteur santé

Mars-lab est une société de conseil en management de la performance sociale et en prévention des risques sociaux. Elle a mené, en 2014, une enquête sur la qualité de vie au travail des entreprises libérales adhérentes à l’OMPL, dans le secteur santé. 2 069 salariés y ont répondu et révélé, par la même occasion, six facteurs de stress : les incertitudes et l’imprévisibilité au travail, les relations interpersonnelles, les changements et les valeurs, la reconnaissance au travail, la communication et le dimensionnement des postes.

En d’autres mots, si un salarié de laboratoire de biologie médicale adhère aux valeurs de l’entreprise, travaille dans un environnement dénué de violences verbales ou physiques, voit son travail accompli reconnu, connaît ses possibilités d’évolution, est clairement informé et écouté, il sera apaisé et efficace. Il démontrera même une implication et un bien-être supérieurs s’il travaille pour un seul supérieur hiérarchique et/ou dans une TPE (et non une PME ou une grande entreprise).

Le salarié sera à l’inverse stressé s’il fait l’objet d’ordres et de contre-ordres (mauvais management), s’il manque d’information sur la vie de l’entreprise, s’il est sujet à différentes pressions et ne peut prévoir ses tâches au quotidien. Il est donc primordial de prendre en compte l’ensemble de ces facteurs pour améliorer le management des entreprises libérales et de leur équipe de façon continue.

L’OMPL diffusera demain, jeudi 16 novembre, des données précises et récentes sur les biologistes libéraux.

Marie-Anaïs Lien