Actualisation des actes de biologie médicale relatifs au diagnostic et au suivi de l’hépatite E

Virologie

Biologiste infos
Crédit photo : K-E-N-istock

La Haute autorité de santé a évalué la pertinence des propositions de l’Assurance maladie visant à actualiser la liste des actes pris en charge pour le diagnostic et le suivi de l’hépatite virale E.

L’hépatite E est une infection virale à transmission entérique, dont l’incidence ne cesse d’augmenter ces dernières années dans les pays industrialisés.

Sur la base d’une analyse critique de la littérature, la HAS a recueilli la position argumentée des organismes professionnels des spécialités concernées par le sujet (biologie médicale, infectiologie, hépatologie, transplanteur et greffeur) et du Centre national de référence des hépatites à transmission entérique.

Elle a constaté l’existence « de divergences entre les données recueillies » ainsi que la présence de « faiblesses méthodologiques dans certaines publications de la littérature synthétique. » Elle souligne également « la faible qualité ou l’absence de références sur lesquelles ces publications se sont appuyées. »

Cette évaluation permet néanmoins de conclure que :

La recherche de l’ARN du VHE, par RT-PCR actuellement, trouve sa place dans la prise en charge des patients immunodéprimés dans le diagnostic d’une infection aiguë, le diagnostic d’une infection chronique, et la surveillance thérapeutique. Pour le diagnostic, cet examen est réalisé principalement sur un prélèvement sanguin ; pour le suivi du traitement, il est réalisé sur prélèvement sanguin et sur les selles. Dans le cas d’une infection chronique, une confirmation de la persistance virale est réalisée jusqu’à six mois. Pour le diagnostic d’une infection aiguë chez les patients immunocompétents, la détection de l’ARN du VHE peut être réalisée dans le cas de manifestations graves d’hépatite aiguë, avec une suspicion d’infection à VHE.

La recherche des IgM sériques anti-VHE, par une technique EIA, trouve sa place dans le diagnostic d’une infection aiguë chez les patients immunocompétents et immunodéprimés.

Sur la base de l’opinion quasi-unanime des organismes professionnels, la recherche du VHE et celle des autres virus hépatiques peuvent avoir lieu concomitamment en cas de suspicion d’hépatite virale.

Enfin, la recherche des IgG anti-VHE pour détecter une infection ancienne ne peut être retenue car aucune des données recueillies ne renseigne son utilité clinique. De même, en ce qui concerne l’utilisation de cette recherche dans le cadre d’une infection aiguë, les données recueillies sont trop ténues pour la préconiser dans cette indication.

La rédaction