Malgré les économies qui leur sont imposées, les CHU ont amélioré leurs résultats financiers

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Biologiste infos
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Les CHU, premiers employeurs sur les territoires et investisseurs locaux les plus importants, annoncent une nette amélioration de leurs résultats financiers pour 2016 par voie de communiqué de presse. C’est le message qui ressort de la conférence des directeurs généraux qui a eu lieu le 24 avril dernier.

Tous budgets confondus, le déficit des CHU atteint 95 millions d'euros, contre 209 millions en 2015 pour un budget de 31,1 milliards d'euros, précise l'Agence de presse médicale. Si les résultats apparaissent nettement améliorés, les CHU déclarent avoir agi « au détriment de leurs investissements »

Dans leur communiqué, les directeurs généraux des CHU indiquent que « les CHU ont respecté l'Ondam [objectif national des dépenses d'assurance maladie] hospitalier, avec une progression de +2,2 % de leurs recettes d'activité, sachant que les tarifs de séjours ont connu une baisse moyenne de 1,4 % (après dégel du coefficient prudentiel). »

Les CHU ont également « maîtrisé l'évolution de leur masse salariale à +1,7 % malgré l'impact des mesures réglementaires qui leur sont imposées » (dégel du point d'indice, protocole parcours professionnels, carrières et rémunérations [PPCR], hausse du nombre d'internes et étudiants affectés en CHU).

Dans le même temps, les directeurs des CHU soulignent que « leurs dépenses pharmaceutiques et de laboratoires continuent d'augmenter sous les effets cumulés des coûts de l'innovation, des prix des médicaments et des dispositifs médicaux coûteux », et évoquent une hausse de 4,4 % pour ce poste.

L'amélioration des résultats comptables a toutefois été obtenue en dépit du renforcement de « la contrainte financière externe avec la mise en oeuvre du plan triennal de l'Ondam », ajoute le communiqué.

Cette pression a cependant eu un impact défavorable sur les investissements, avec une baisse de 123 millions (-7 %) pour atteindre 1 587 millions d'euros. « L'effort d'investissement des CHU s'élève seulement à 5 % », regrette l'instance, qui rappelle que les CHU doivent faire face à « des réorganisations internes en fonction des nouvelles modalités de prise en charge, à des obligations de maintenance et de mises aux normes et qui se doivent d'intégrer les innovations médicales, techniques, numériques, territoriales. »

Après quatre années consécutives de baisse, la capacité d'autofinancement (CAF) a toutefois pu être stabilisée à hauteur de 4 % (1 196 millions d'euros en 2016, contre 1 479 millions en 2013) et l'endettement financier des CHU a été réduit d'un point à 37 %, ont souligné les directeurs de CHU.

Pour 2017, les priorités des CHU seront le financement de la masse salariale, l'application du protocole PPCR et du plan attractivité des carrières médicales, la poursuite des investissements, le maintien d'un financement dédié à la recherche médicale, le recours et l'innovation, la sécurisation des conditions de financement des hôpitaux de jour et la régularisation du passif des contentieux sur les transports SMUR.

Dans une vidéo réalisée à l’occasion de cette conférence, Yann Bubien, vice-président de la conférence des directeurs généraux des CHU, a tenu à rappeler le rôle clef que détiennent les CHU, notamment en région. « Les 32 CHU de France représentent une grande part de l’hospitalisation française. Ce sont les premiers employeurs sur le territoire, ce sont les plus gros budgets, les investisseurs les plus importants. Une étude d’impact économique sur le poids des CHU a montré que lorsqu’un CHU dépense un euro, on retrouve deux euros de valeur ajoutée sur le territoire. Ils ont un poids économique fort, un poids sanitaire très fort. Ils organisent la santé sur le territoire, sur le département mais aussi la région, et l’interrégion pour certaines spécialités. Il est important de porter la voix des CHU au niveau économique, salarial, social et sanitaire auprès des candidats aux élections présidentielles. »

La rédaction avec l’APM