Les seniors aussi touchés par le VIH

Journée mondiale contre le sida

Biologiste infos
Crédit photo : © HONGQI ZHANG

En cette Journée Mondiale contre le SIDA ce 1er décembre, Janssen présente les résultats de l’enquête « Séniors et VIH ».

Nouvelles rencontres après une séparation, reprise d’une activité sexuelle, absence de culture du préservatif... Les seniors sont aussi touchés par le VIH. Entre 2003 et 2012, la proportion des personnes de plus de 50 ans dépistées séropositives est passée de 13 à 18 %. Et contrairement aux représentations, une étude présentée aux Journées Dermatologiques en décembre 2013 montre que les plus de 65 ans, qui fréquentent les Centres de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG), ont eu autant de partenaires que les plus jeunes.

Les campagnes de prévention ciblées sont peu nombreuses et les soignants se trouvent face à un public doublement fragilise car selon le Center for Disease Control and Prevention (CDC) américain, l’âge accélère le passage du VIH au développement du sida et attenue la réaction de la cellule CD4 au traitement antirétroviral.

Le dépistage du VIH n’est pas un réflexe pour tous

>Environ 6 100 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH en 2011, dont 39 % d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), 40 % d’hétérosexuels nés à l’étranger, 18 % d’hétérosexuels nés en France et 1 % d’usagers de drogues. Depuis 2003, on constate une augmentation des découvertes chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, et chez les personnes âgées de 50 ans.

Les diagnostics tardifs concernent principalement les seniors et les hommes hétérosexuels. Plus la prise en charge est tardive, plus les risques sont élevés. 13 % des personnes dépistées sont au stade sida (pneumocystose, toxoplasmose). Les experts estiment que les recommandations de 2010, à savoir l’élargissement du dépistage dans la population générale, ne semble pas avoir bénéficié aux hétérosexuels : les diagnostics tardifs concernent 1 homosexuel sur 6 et un hétérosexuel sur 3. La proportion des personnes de plus de 50 ans dépistées séropositives est passée de 13 à 18% entre 2003 et 2012.

Parmi les raisons évoquées pour le dépistage : dans un quart des cas, parce qu’il y a des signes cliniques, dans 22 % parce qu’il y a eu une exposition au virus, dans 21 % des cas, lors d’un dépistage systématique. Les dépistages dits « orientés » (quand il y a une prise de risque ancienne par exemple) sont toutefois en progression.

Résultats de l’enquête

L’enquête « VIH et Séniors » réalisée par OpinionWay pour le laboratoire Janssen, en octobre 2014 concernait 1 310 individus âgés de 50 à 70 ans et 543 individus âgés de 18 à 49 ans.

Le premier item portait sur le niveau de connaissance de cette maladie : les seniors (50-70 ans) ont le sentiment de connaitre le VIH aussi bien que la catégorie des 18-49 ans : ils sont 70 % à dire « je connais le VIH dans les grandes lignes ». Ils sont aussi 59 % à se dire plutôt bien informés sur les modes de contamination.

Concernant le dépistage : S’ils sont 59 % à se dire plutôt bien informes sur les modes de contamination et 56% à connaître plutôt bien les moyens de prévention, seuls 54 % s’estiment plutôt bien informés sur les modes de dépistage. Ce niveau est le même que chez les jeunes.

Les connaissances en matière de transmission sont parcellaires... Quand on leur demande de citer les modes de transmission possibles, ils sont 70 % à citer les rapports sexuels non protégés mais seulement 9 % à citer le sperme et 1 % le sexe oral. 88 % ne se sentent pas concernés par les risques d’infection au VIH (72 % des 18-49 ans ne se sentent pas concernés non plus). Les seniors célibataires sont seulement 19 % à se sentir tout à fait ou plutôt concernés. Pourtant, ils jugent que les usagers de drogue sont la population la plus concernée (49%) par les risques d’infection au VIH devant l’ensemble de la population à niveau égal (46 %) ou les homosexuels (43 %). Enfin, ils ne sont que 2 % à penser que les seniors sont concernés.

46 % des seniors ont déjà réalisé un test de dépistage, contre 61% des 18-49 ans. Plus ils avancent en âge, moins ils ont recours au dépistage. Les célibataires sont bien plus nombreux que les personnes en couple (59 % contre 40 %) à se faire dépister. A la différence des jeunes qui le font, à 51 %, au début d’une relation, les séniors ne sont que 25 % à le faire quand une nouvelle relation démarre. Ils disent ne pas en avoir besoin ou faire « confiance » à leur partenaire. 13 % d’entre eux ont eu plusieurs partenaires au cours de ces 5 dernières années.

Quant à l’usage du préservatif : Alors que les jeunes ayant eu plusieurs partenaires au cours des cinq dernières années sont 43 % à utiliser le préservatif à chaque rapport sexuel, les seniors ne sont que 37 % à l’utiliser à chaque fois. Mais c’est dans le pourcentage de ceux qui ne l’utilisent jamais que la différence est la plus grande : 37 % des seniors ne l’utilisent jamais, contre 12 % des jeunes. Enfin, 61 % des séniors ayant eu plusieurs partenaires au cours des 5 dernières années, n’ont pas fait de test de dépistage du VIH au cours de cette période.

Conclusion

Cette étude révèle donc que la population des 50-70 ans ne se considère pas comme étant moins bien informée, mais se sent moins concernée par les risques d’infection. 12 % des seniors seulement déclarent se sentir concernés (vs 28 % des 18-49 ans). Les 50-70 ans n’estiment donc pas faire partie des populations les plus à risques. Ils associent plutôt le risque de contracter le VIH à certaines populations (usagers de drogue, homosexuels et jeunes).

Les seniors se dépistent aussi moins que les jeunes : 46 % des 50-70 ans ont déjà réalisé un dépistage (vs 61% pour les 18-49 ans). Un taux qui s’élève à 59 % chez les célibataires. Les tests sont moins souvent réalisés de leur propre initiative que chez les jeunes et plus souvent sur proposition d’un médecin (20 % vs 16 %). Ces tests sont peu pratiques suite à des rapports non protégés (10 % vs 19 % pour les 18-49 ans) ou des accidents de préservatif (2 % vs 9 %) mais plutôt pour une nouvelle relation (25 % vs 51 %), pour se rassurer (9 % vs 4 %) ou pour raisons médicales (4 % vs 1 %). 77 % des 50-70 ans n’ayant jamais été dépistés estiment qu’ils n’en ont pas besoin (vs 68 % chez les 18-49 ans).

Les prises de risque sont donc plus grandes chez les seniors : parmi ceux qui ont eu plusieurs partenaires ces cinq dernières années, 37 % n’ont jamais utilisé de préservatifs et 26 % n’en ont mis que de temps en temps (vs 12 % et 45 % chez les 18-49 ans).

La rédaction